Résultats de l’agrégation d’histoire du droit 2016

Les admis on été publiés sur le site du ministère:

  1. Guillaume RICHARD (Thèse Paris 10, 2013, dir. E. Millard et J-L. Halpérin)
  2. Olivier SERRA (Thèse Bordeaux, 2012, dir. B. Gallinato)
  3. Sébastien LE GAL (Thèse Lyon 3, 2012, dir. C. Bruschi)
  4. Vincent MARTIN (Thèse Lyon 3, 2014, dir. C. Lauranson-Rosaz)
  5. François QUASTANA (Thèse Aix-Marseille, 2006, dir. M. Ganzin)
  6. Julien LAPOINTE (Thèse Lorraine, 2015, dir. A. Astaing)

Après vérification sommaire, parmi les 40 candidats admis à concourir, certains étaient de sexe féminin. Voici leur trajectoire:

Trajectoire par genre histoire du droit 2016

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58 comments on “Résultats de l’agrégation d’histoire du droit 2016
  1. Girl Power dit :

    Une bonne dose de testostérone…

  2. Caton dit :

    pas un lauréat issu de Paris I ou Paris II dites donc… : les animateurs du blog pourraient-ils proposer un commentaire ? (en se mordant le poing on imagine).

    • Oui, cela nous a surpris, comme vous… Est-ce parce que le directeur est issu de l’IEP? Gageons que les résultats de l’agreg de droit public viendra consoler les parisiens.

      • Justinien dit :

        L’absence de femmes peut certes vous surprendre, mais je soulignerai malgré tout la parfaite impartialité des membres de ce concours. Sans citer de noms, la plupart des membres du jury avaient un candidat à défendre, candidat parfois placé dans une situation délicate eu égard à l’état d’abandon (de déréliction ?) de la section 03. Or, aucun des thésards de tel ou tel membre du jury n’a été agrégé. C’est une première…

        On peut également formuler la même remarque à propos des candidats appartenant à la même université qu’un des membres du jury. La seule exception concerne un candidat qui avait été admissible à deux reprises, et de façon consécutive, au concours avant la présente édition.

        Difficile de parler ici de concours truqué dès lors. Au contraire, ce fut un modèle de vertu, bien différent du tour de France qui s’annonce pour les MCF d’histoire du droit… Autant dire que la thèse défendue par votre site présente des défauts et ne s’applique pas à toutes les sections. Le cœur du mandarinat est ailleurs.

        • Il est certain que nous n’avons aucun biais de « lien avec le jury » dans ce concours.

          Vous relèverez aussi que nous n’évoquons pas le trucage du concours, ni ne remettons en cause l’impartialité des jurys. Mais disons qu’en matière de genre, l’impartialité est bien souvent en faveur du genre masculin… mais encore une fois, cela ne signifie pas que le jury ne soit pas intègre: les conditions du concours – et de l’université en général – peuvent décourager, ou défavoriser, les candidates, en raison d’autres biais liés à leur genre.

          Notre thèse n’est pas que les jurys sont malhonnêtes: si ce n’était que cela, ce ne serait pas si grave… il suffirait d’attendre qu’un jury honnête se présente pour applaudir. Nous pensons que le concours comporte intrinsèquement des biais et des défauts, indépendamment de la qualité des membres des jurys ou des lauréats.

    • justine dit :

      Chers et chères collègues,

      Permettez-moi cette intrusion rapide et incisive dans la discussion, en quelques points :

      1. Que signifient ces étalages sur le problème du genre ? Après la dénonciation du parisianisme, celle de la masculinité ? Autrement dit, sur 3 candidates parmi 40 prétendants à un concours, 2 places seraient à réserver… bravo pour l’impartialité ! Mais quid des Auvergnat(e)s ou de la minorité bouddhiste, non représentées ? Trêve de plaisanterie : soyez aimables à l’avenir de ne pas monopoliser l’écrit ou la parole pour ces échanges stériles et nombrilistes, qui ne peuvent qu’accréditer vos opposants.

      2. Pour votre curiosité, abordons un VRAI PROBLEME du dernier concours, jamais mentionné : qui a osé parler du fait qu’à la première leçon en 8h, chaque candidat tirait 1 sujet parmi 3 ou 4 sujets disposés sur une table (donc probablement préselectionnés en fonction du passage des candidats…) et non dans un panier contenant tous les sujets, ce qui expliquerait en partie le décalage de complexité entre ces sujets… J’attends avec impatience QUELQUES COMMENTAIRES. Ajoutons à cela que d’après des retours confirmés de première main, l’auteur des sujets visés était parfois, lors des visites, INCAPABLE de proposer une bibliographie ou des éléments de correction crédibles !!).

      3. Avant d’attaquer le concours (ce qui n’est pas mon but), il serait utile d’en (r)appeler à la responsabilité personnelle en la matière (du ministère jusqu’aux président de jury), sans reparler de l’épreuve de 24h, ce soit-disant symbole du travail d’équipe…

      En attendant des réponses constructives (notamment sur le point 2), merci d’avance aux adeptes du genre et de statistiques manipulables de s’abstenir. Le temps est trop précieux pour être gaspillé.

      Très cordialement à tou(te)s.

  3. Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

    Je ne comprends pas bien. Est-il prévu de réserver, dans le cadre d’un concours, et notamment celui-ci, des places selon le genre des candidats ? Si vous excluez déjà les parisiens, puis les hommes, un bon concours serait donc un concours qui agrégerait des femmes ayant soutenu leur thèse dans une université de province. Et tant qu’à rajouter des critères, pourquoi la religion, la couleur de peau, la taille de ceinture (pour les hommes) et des hanches (pour les femmes) etc.

    Et si un concours devait simplement, sur la durée qui est la sienne, ne retenir que les meilleurs ? Ce qui ne préjuge d’ailleurs en rien des qualités intrinsèques des recalés. Je suis encore assez naïf (et peut-être idiot) pour croire que les meilleurs (sur la durée du concours, au regard des épreuves proposés, j’entends) sont récompensés dans l’ensemble, ce qui n’exclut pas de temps à autre un quelconque favoritisme.

    Par ailleurs, quand des parisiens trustent les places au concours, on crie au scandale. Quand les parisiens sont absents parmi les reçus au concours, on s’étonne, on suppute, on médit. Comme le souligne Justinien, la grosse magouille va intervenir sous peu, lors des recrutements de MCF, où on sait déjà (ou presque) qui va être recruté et où.

    Si le concours doit être réformé ou supprimé, il faut procéder à un ménage intégral et remettre à plat toutes les procédures de recrutement. C’est indispensable.

    • Cadoudal dit :

      « Si le concours doit être réformé ou supprimé, il faut procéder à un ménage intégral et remettre à plat toutes les procédures de recrutement. C’est indispensable. » D’accord avec vous, je l’ai toujours pensé. Et cela s’adresse, bien entendu, tant aux procédures de recrutement des MCF que des Pr. 46-1. Le problème, déjà souligné ici ou là, est qu’il faudrait alors impliquer les sections sans agrégation, ce qui complique singulièrement le projet. Mais je pense que ce n’est pas une raison pour ne pas s’y lancer, c’est une question de crédibilité.

  4. Plus envie de rire dit :

    De tailles de ceinture et de hanches???

    Les statistiques que nous pouvons égrener au fur et à mesure des résultats de ces concours du supérieur montrent objectivement une discrimination liée au sexe.

    Il n’est pas question de remettre en cause l’impartialité du jury ou bien la qualité des candidats, mais il est grand temps de réaliser que la situation doit être considérée dans son ensemble à l’université et qu’il n’est plus possible de se retrancher derrière un sens de l’humour potache (et allons y aussi pour l’ironie) ou bien encore derrière des impensés beaucoup plus pervers.

    Si l’université française, avec ses intellectuels fortement animés du service public, et qui plus est les juristes français, reproduisent insidieusement et continuellement ces mêmes schémas amenant ces discriminations, imaginez le poids de ce sexisme ordinaire à l’échelle de la société.

    Un peu de lecture ici : http://sexismology.tumblr.com/

  5. Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

    Que les discriminations existent, c’est un fait. Elles ont toujours existé et elles existeront toujours. Croire qu’elles disparaîtront, c’est accorder, à mon sens, beaucoup trop d’espérance dans la nature humaine qui nous démontre, chaque jour qui passe, son incapacité à évoluer de façon linéaire vers un « mieux être ».

    En revanche, on peut espérer les réduire et c’est très bien. Notamment les disparités qui règnent entre les hommes et les femmes.

    Mais sortir l’argument de la discrimination pour expliquer le résultat d’un concours me semble spécieux, voire dangereux. Ne peut-on pas imaginer tout simplement que sur ce concours les « meilleurs » étaient tout simplement des hommes ? Peut-être que lors du prochain concours (s’il y en a un), la majorité des places sera trustée par des femmes. Parce qu’elles auront été les meilleures, tout simplement, sur ce concours.

    En 2014, parmi les admis à l’ENM, on comptait 74% de femmes. Doit-on crier à la discrimination ? Non, pour ce qui me concerne, moi individu de sexe masculin.

    • Mais parmi les candidats à l’ENM, combien de candidates ? Quand on fréquente les IEJ prépa ENM, on rencontre plus encore de femmes en proportion selon ma faible expérience, que je concède ne pas être représentative. (Si quelqu’un a des chiffres plus sérieux;…)

      Un seul concours en droit privé à notre connaissance a connu une stricte parité, nous en parlions ici: .

      Pour le reste, disons que si je joue à pile ou face avec quelqu’un, et que la pièce tombe toujours du même côté, au bout d’un certain nombre d’épreuves, je vais conclure qu’il y a un problème (pas forcément que l’autre est un tricheur: la pièce est peut-être déséquilibrée à son insu). C’est la même chose pour l’agrégation: on ne prend paraît-il que les meilleurs, mais il y en a toujours une majorité parmi le sexe dit fort.

      • Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

        Oui, les femmes sont plus nombreuses à se présenter à l’ENM donc il y a une certaine logique à ce qu’elles soient majoritaires parmi les admis. Nous sommes bien d’accord.

        Pour le concours d’histoire du droit, les hommes étaient majoritaires. Donc il n’est nullement scandaleux si je suis ce raisonnement qu’ils soient plus nombreux que les femmes a être reçus au concours. Ce qui est semble poser problème en réalité, c’est l’absence de femme parmi les reçus. Faut-il recourir à la discrimination positive pour leur « réserver » des places ? C’est là que cela devient dangereux. On peut ajouter, comme je l’écrivais plus haut d’autres critères encore, pour que les choses deviennent encore plus délirantes.

        A ce sujet, parmi les 6 reçus, tous masculins, presque tous provinciaux (Paris 10 peut-être considéré comme une fac de province aussi ?), 4 portent des lunettes. Verdict ? 🙂

        • Plus envie de rire dit :

          Je crois que pour pouvoir discuter, il faut à la fois assumer, sans smileys ou autres guillemets, et surtout s’écouter.
          Sur ce dernier point, puisque tant la forme que l’exercice s’y prêtent, soyons fous et changeons de lunettes…

          • Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

            Plutôt que de vous écouter, je vous lis. Je suis même allé jeter un oeil sur votre lien qui dresse la liste des bons commandements à suivre, notamment les « conseils pratiques pour l’universitaire mâle » (je mets les guillemets car je vous cite). Je déplore autant les comportement sexistes des hommes que certains de vos « conseils » (je vous cite toujours) qui visent plus à créer des problèmes là où il n’y en pas et qui tendent à la caricature, sans nuance. Conseil 7 par exemple. Si je propose mon aide à une femme pour l’aider à porter une valise, des documents ou quoi que ce soit, c’est par courtoisie et galanterie, et non pour lui montrer que je suis un être supérieur. Et même si la galanterie ne vous touche pas vous personnellement – ce que je peux comprendre -, certaines femmes, elles, y sont sensibles – ce que vous pouvez comprendre -, car au-delà de la distinction basique homme/femme, il y a pleins de subtilités et de nuances qui animent chacun d’entre nous.

            Je ne nie pas le sexisme et la discrimination dans notre société et dans le monde universitaire. Que cela soit un de vos chevaux de bataille me semble plus que respectable. J’estime simplement qu’arguer de la discrimination pour justifier les résultats d’un concours me semble un peu court.

            • Anonyme dit :

              Je suis presque toujours excédée quand un homme me propose de porter ma valise. Parfois, il le fait simplement par gentillesse, et cela ne me pose aucun problème, au contraire, cela me fait plaisir. Mais la plupart du temps, il y a une petite pointe de condescendance derrière, une forme d’auto-satisfaction du mâle qui remplit son rôle. Alors, cela me met en rogne, car la proposition sous-entend que je suis débile, dans les deux sens du terme : débilité physique et débilité mentale (pour avoir préparé une valise que je ne peux pas porter confortablement moi-même…). Bref, que je suis et reste avant tout cet imbecilitas sexus…

              Quant au rite de l’agrégation (car, quoi qu’on en dise, il s’agit d’un rite de passage et non d’un concours à proprement parler), sans évoquer le caractère complètement dépassé des épreuves à l’heure d’internet et de Moodle, il y a effectivement une auto-censure des femmes, qui consentent à moins de sacrifices personnels et familiaux pour monter dans la carrière. N’oublions pas que l’agrégation se passe à un âge où les responsabilités familiales sont doubles : envers ses enfants et envers ses parents âgés. Pour beaucoup, il n’est pas concevable de passer un concours dont la réussite impliquerait de devoir travailler à l’autre bout de la France. Cela ne l’est pas pour moi.

              Cela ne signifie pas que je suis en faveur de la suppression de l’agrégation. On permet aux têtes de classement, qui sont plus qu’excellents (du moins pour les derniers concours en histoire du droit), de ne pas perdre leur temps. Ce sont des universitaires hors du commun, très fins, et qui me surpassent intellectuellement sans contestation possible. Je suis beaucoup plus critique sur les fins de classement – et j’avoue que je grince des dents à voir des médiocres obtenir un tel titre, ne plus rien écrire, ne même plus assurer leurs tâches naturelles de direction à l’Université, obligeant les maîtres de conférences à les effectuer eux-mêmes.

              Il faut toutefois impérativement réformer l’agression. Il convient de lui retirer tout ce qu’elle comporte de rituels pour ne conserver que les épreuves de concours.

            • Françoise Olivier-Martin dit :

              Pour rappel, l’agrégation d’histoire du droit a été l’un des rares a avoir eu une édition où les lauréats étaient presque tous féminins. De véritables précurseurs : ce « phénomène » date en effet de 1992 et est connu dans le milieu comme le « concours des femmes » : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000176366&fastPos=5&fastReqId=1607757003&categorieLien=id&oldAction=rechTexte

              Toutefois, pour reprendre Justinien, le vrai défaut est bien ailleurs en histoire du droit et, j’imagine, dans les petites sections où tout le monde se connaît (et se coopte…) : dans les modalités de recrutement des MCF. L’agrégation, malgré ses défauts, laisse des chances à des personnes sans réseau (et donc sans poste !) de faire une carrière universitaire. Les gâchis monumentaux sont légion et plusieurs historiens du droit ont dû se résoudre au recyclage, au prix d’efforts insensés afin d’obtenir l’agrégation…en droit public.

            • Nous pensons nous aussi que « la Nation est organisée »…

            • Plus envie de rire dit :

              Je tiens à préciser que ce n’est pas mon blog et j’en profite pour saluer cette initiative qui permet de récolter des témoignages du monde entier et dans toutes les disciplines; le sexisme ordinaire dans la recherche existe donc bien…

              Encore une fois, je n’ai jamais argué que la discrimination justifiait les résultats de ce concours. Je n’ai jamais remis en question l’impartialité des membres du jury ni la qualité des candidats (d’ailleurs je ne suis pas en histoire du droit et je ne les connais nullement).

              Les résultats de ce concours, et des nombreux autres concours qui ont précédé dans les trois premières sections du CNU, sont une conséquence de discriminations objectives en raison du sexe vécues à l’université. Le concours de l’agrégation du supérieur est une grosse goutte d’eau dans la reproduction d’un mécanisme permettant essentiellement aux hommes d’accéder à la hiérarchie universitaire, mais ce n’est qu’une goutte d’eau.

              Si on décentre le regard, il y a plus d’hommes en sciences exactes, et on ne peut plus aujourd’hui raisonner sur le mode simpliste que les hommes sont meilleurs dans ces sciences. Nous sommes collectivement conscients que les difficultés d’accès des femmes aux sciences exactes dépassent depuis longtemps la question d’être doté ou non d’une certaine bosse.

              Pourquoi ne pouvons nous pas admettre qu’il en est de même dans les sciences humaines et sociales? Pourquoi ne pouvons nous pas admettre qu’il en va exactement de même dans nos facultés de droit prêchant ce mythe de l’égalité, que dans les grandes entreprises à la tête desquelles les femmes sont invisibles, qu’en politique, ou même simplement par rapport aux discriminations au travail vécues par les femmes dans la société ? Si nous prenons la magistrature que vous évoquiez, alors que les femmes sont plus nombreuses à la sortie de l’ENM, elles sont ensuite introuvables dans la hiérarchie!

              Oui, le plafond de verre existe aussi à l’université. Oui le concours de l’agrégation du supérieur y contribue grandement. Ce concours, tel qu’il est organisé, agrège depuis des décennies le même portrait-robot de professeur: un homme âgé en moyenne de 30 à 40 ans (et je passe sur d’autres critères que ce blog a déjà bien mis en avant). Sans revenir sur la qualité des candidats, pouvons nous objectivement considérer à l’échelle de la société qu’un homme âgé en moyenne de 30 à 40 ans est un meilleur juriste? Là, j’en ai mal à mon doctorat…

  6. Anonyme dit :

    Les deux recrutements comportent des défauts, et ce que vous énoncez pour les MCF n’est bien sûr pas entièrement faux. Toutefois, il ne faut pas non plus en faire une généralité : j’ai été recrutée MCF sans aucun réseau, tout comme quatre autres « jeunes » MCF que je connais. Dans le concours de MCF de l’année dernière par exemple, il y a bien entendu eu des cas de cooptation, mais il y a aussi eu au moins deux « vrais » recrutements.

    Si les historiens du droit veulent sauver leur agrégation (et, encore une fois, j’y suis favorable), ils doivent cesser de la porter aux nues, et admettre qu’elle doit être réformée.

  7. En passant... dit :

    En passant, les 6 lauréats sont des hommes mais les 7 directeurs de thèses aussi! Disons que, lorsque l’on connaît un peu la sociologie des publics des Facultés de droit (souvent en majorité féminins), une réflexion s’impose légitimement (au moins, pour cette fois)…

  8. Quand c'est pipé, c'est pipé. dit :

    De toute façon, quand une procédure est viciée à la base, ce n’est pas la peine d’ergoter pendant des heures pour savoir si c’est un truqué :
    – un peu
    – beaucoup
    – passionnément
    – à la folie, etc.

    Si c’est vicié, c’est vicié !

    L’agrég est RIDICULE aujourd’hui. Et j’ose dire que ceux qui la défendent ne se distinguent pas par leur héroïsme.

  9. Anonyme dit :

    Il est vrai qu’en l’espace de 10 ans, l’agrégation est devenue ridicule (rituels en tout genres, pas d’ordinateur, leçon en 8 heures qui ne sert qu’à faire prendre de mauvaises habitudes, agrégatifs envoyés là où ils ne veulent pas travailler et où on ne veut pas d’eux), mais les agrégés soit refusent de l’admettre, soit en ont bien conscience mais n’agissent pas. On peut les comprendre, car l’admettre, c’est en partie remettre en cause leurs efforts et leur réussite (à tort, mais c’est une autre question).

    Et c’est là le noeud du problème : plus elle s’enfonce dans le ridicule, moins elle est considérée comme légitime, même par les doctorants, plus ses détracteurs sont nombreux, plus elle est fragilisée.

    Elle risque d’être supprimée brutalement, alors qu’elle a aussi des aspects positifs (la partie de sa préparation qui implique de lire les principaux manuels de la discipline, une carrière rapide pour les meilleurs).

    • Ziz dit :

      L’agrégation du supérieur n’est pas devenue ridicule. Elle l’a toujours été. Mais plus le temps passe, plus le monde évolue, et plus cela se voit, et aujourd’hui jusqu’à l’insupportable.
      Vous défendez un système que tout le monde abandonne et qui n’existe nulle part ailleurs au monde.
      Et quand on parle de l’agrégation partout en dehors de la seule sphère des Facultés de droit, qui sont peut-être selon vous le dernier havre de civilisation, l’ensemble des autres sections et des autres pays du monde n’étant que terres désolées, tout le monde trouve cela lamentable. C’est la vérité. Et ce n’est pas parce que la vérité dérange certains privilégiés de l’ancien régime qu’elle cesse pour autant d’être la vérité.

      • Anonyme dit :

        Pourquoi autant d’agressivité ? Pourquoi affirmer des choses aussi folles et historiquement fausses telles quelle « l’agrégation a toujours été ridicule » ? Cela dessert votre propos (et celui de tous ceux qui critiquent l’agrégation, car il est alors trop facile de les considérer comme aigris, et d’écarter à ce titre leurs arguments). Pourquoi ne pas porter, comme tout scientifique devrait être capable de le faire, un regard neutre sur cet objet bizarre ? Considérer ses inconvénients (trop nombreux) et ses avantages (il en reste un ou deux en grattant un peu, alors pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain ?).
        Vous êtes porteur de vérité, dites-vous. Je vous en félicite. Je ne le suis pas.

    • Anonyme dit :

      Quand vous dites « aigris », vous touchez juste. C’est ce que disent désormais la plupart des mandarins de P1, P2 et leurs affidés de province ou ailleurs en Ile de France. Moi j’appelle cela par son nom : « souffrance au travail ». Jugez en vous même et vous verrez : préparer ce concours ( que l’on nous bassine comme étant le Graal dès la thèse) prend du temps ne serait-ce que faire des leçons ou publier un papier (pas forcément dans sa spécialité) montrant que l’on peut justement en sortir pour prendre du champ. Imaginez celui ou celle qui le passe deux, trois pour ne pas dire plus… Calculez.. Vous y êtes : eh bien cela fait en moyenne 4 ans de sa vie, pour ne pas dire plus. 4 ans dans la vie d’un enseignant chercheur c’est énorme. C’est au moins un bouquin, de la recherche perdue et au final pas grand-chose d’obtenu si ce n’est un titre de noblesse qui permet de parader dans les colloques mondains organisés ici et là.

      S’il devait y avoir une vaste étude portant sur la santé mentale au travail chez les EC, elle serait dramatique pour tous. L’agrégation y contribue fortement par son élitisme de mauvais aloi. Je persiste : de mauvais aloi. Vous parlez de science s’agissant de l’examen critique du concours. Fort bien. Si vous vous connaissiez tant, vous liriez Feyerabend qui, depuis plus de 50 ans, nous dit que la production de la connaissance, surtout en SHS, doit, le plus possible s’affranchir des situations d’autorité. Vous liriez aussi en passant Bourdieu, Homo Academicus. En somme et dans l’idéal, on ne devrait pas estimer un (e) collègue par son rang ou son titre d’agrégé, mais bien par l’originalité de sa pensée. Si l’on se place dans cette perspective, la valeur d’un (e) collègue et partant sa promotion devrait être fonction de sa capacité à proposer des projets de recherche attractifs tant dans le champ français qu’à l’international. Croyez-vous uns seul instant que ce soit le cas dans les sections 01, 02, 03 et même 04 ?

      Si mon intuition est juste, nous pouvons raisonnablement affirmer ceci : l’agrégation (mais je n’exclus pas le reste CNU et autres) ne vaut pas mieux qu’une organisation religieuse. Le titre parle avant la pensée. Dites-moi si vous êtes agrégé et je vous dirai si vous avez le droit de penser original, mais pas trop quand même de manière à maintenir le système en place. La réalité est celle là.

      Maintenant un dernier point. Je serai curieux de connaître le taux de publication des agrégés après le concours sur une période de 5 voire 10 ans. Je considère, bien entendu, qu’un commentaire d’arrêt ne constitue pas de la recherche au sens de ce qui se fait ailleurs en SHS. Combien d’agrégés émargent en cabinet d’avocat? La chose est aussi valable chez les MCF. Là encore, si mon intuition est prouvée, il faudra reconnaître que le système engendre des effets pervers qui le privent de toutes ses forces vives : les MCF déçus émargent en cabinet ou en juridiction; au mieux, ils n’assument plus que leurs cours. les PR émargent en cabinet et l’on en voit même qui partent désormais en juridiction (normal, vous avez vu les salaires?)

      La question de savoir si l’agrégation est un bon ou mauvais système est une question d’arrière garde. Les vrais problèmes sont ailleurs : rayonnement de la recherche en droit (je parle ici de l’étranger. Si êtes un jour à Londres, à New-York ou à Tokyo, je vous défie de me trouver un auteur français contemporain PR ou MCF dont les travaux sont reconnus chez les anglo-saxons ou ailleurs). Il y en a. Mais ils sont si peu nombreux, renseignez-vous. La situation est grave, le bateau ivre prend l’eau de toutes part et pendant ce temps, on parle d’agrégation. Mais quelle perte de temps considérable… Si les auteurs de ce blog veulent faire avancer les choses, qu’ils proposent une pétition lançant des assises sur la réforme et l’avenir du recrutement et de la recherche dans les facultés de droit incluant les politistes. Y en a marre de penser par le titre ! à moins de considérer que l’organisation des facultés de droit ne diffère en rien de celle du Saint-Siège…

      • Anonyme dit :

        Je suis entièrement d’accord avec vos arguments (je suis l’anonyme du dessus, auquel vous répondiez 😉 – au passage, je suis MCF, femme, ayant très vite abandonné l’idée de passer l’agrégation car sa réussite impliquait trop de sacrifices personnels et familiaux). Je suis particulièrement d’accord avec votre analyse de la « souffrance au travail ». J’évolue dans un environnement privilégié, mais j’ai des connaissances MCF qui souffrent effectivement au quotidien d’être réduits à rien face à leurs collègues PR, même si, sur le cv, on peut légitimement se demander qui est qui…

        De fait, lorsque j’évoque le fait de « sauver » l’agrégation en la réformant, les réformes en question doivent être de si grande ampleur qu’il n’est peut-être plus adéquat de parler d’agrégation.

  10. Caton dit :

    Juste une réflexion, sans doute un peu frustre : est-il possible de postuler (sans se faire insulter et traiter d’homme des cavernes) que les femmes qui passent l’agrégation sont :
    1 moins nombreuses que les hommes
    2 passent le concours à un âge où elles doivent jongler avec les premiers temps de la maternité (enceintes ou jeunes maman)
    3 que le 2 se vérifie quasiment systématiquement puisque ces candidates achèvent leur doctorat aux alentours de 27-30 ans disons, passent un ou deux ans à se faire recruter et qu’ensuite il faut se dépêcher d’enfanter avant que la nature fasse valoir ses droits et son implacable réalité
    4 qu’il s’ensuit que le début dans les fonctions de MCF et la maternité rendent compliqué la préparation au concours ; bien d’avantage que pour le candidat mâle dégagé de ses contingences
    5 qu’il s’ensuit que pour ces candidates, l’obtention de l’agrégation est une sorte de projet fou, l’exploit méritoire admirable, mais malheureusement rare.
    6 que ce genre de constat pourrait être opéré dans tous les palmares de concours que les femmes passeraient au début de la trentaine? (ce qui n’est pas le cas de l’ENM, de l’ENA qui sont des concours que les femmes passent jeune et alors que « l’horloge ne tourne pas encore » de façon angoissante)

    Dire cela (et le déplorer sincèrement), c’est être bas du front ?

    • Anonyme dit :

      1. Jusqu’à preuve du contraire, les femmes ne font pas les enfants toutes seules. L’égalité des sexes conduit aujourd’hui les parents (deux hommes, deux femmes, un homme et une femme) de plus en plus à s’occuper de leurs enfants de façon identique (certes, vous ne pouvez pas allaiter mais les tire-laits, cela existe !) ;
      2. Les candidats, hommes ou femmes, passent le concours entre 27-30 ans et peuvent avoir des enfants. Comme ils s’en occupent de façon égale, le temps de préparation pour le concours est identique.
      3. Si le temps passe pour les femmes, il passe aussi pour les hommes et le ventre à bière n’est pas bon pour la reproduction.
      4. Le candidat mâle serait dégagé de ses contingences ! Première nouvelle ! Mon épouse serait partie depuis longtemps si je me comportais ainsi.
      5. Si c’est un projet fou pour une mère de famille, cela l’est également pour un père de famille. Donc l’agrégation n’est pas faite pour les enseignants-chercheurs ayant des enfants, ce qui doit conduire dès lors à la supprimer.

      • Caton dit :

        Je pense, Anonyme, que vous vous trompez (c’est mon avis).
        Ok les femmes ne font pas les bb toutes seules. Ok. Néanmoins, vous ne pourrez nier une certaine réalité : outre la fatigue induite, le temps qu’il faut consacrer aux enfants, les sorties scolaires etc. (égalité hommes/femmes théorique à cet égard), une grossesse a des effets autrement plus envahissant dans la vie d’une femme que d’un homme.
        J’ai passé une leçon sur travaux très peu de temps après une naissance. Ma femme n’aurait pas pu faire de même. Cette année là, j’étais en mesure d’obtenir l’agrégation; pas elle.
        On peut le regretter, le déplorer. Mais cela explique sans doute le très faible nb de femmes dans ce type de concours.
        Peut-être disons.

    • Plus envie de rire dit :

      Je partage votre commentaire, même s’il faudrait étendre ces facteurs explicatifs au delà de la maternité.
      La seule conclusion que nous pouvons donc en tirer est que ce concours est profondément inadapté et induit en lui-même des discriminations. Comme vous le mentionnez bien, c’est loin d’être une question de choix pour les femmes et il est donc temps de le supprimer!

    • Philleas dit :

      Tout à fait d’accord également!

      Le principe d’égalité est intrinsèquement lié aux concours administratifs républicains. Or, c’est une violation du principe d’égalité que de traiter différemment des personnes se trouvant dans une situation identique, mais aussi (et surtout, au 3e millénaire) de traiter de manière identique des personnes qui se trouvent dans des situations sensiblement différentes. Votre remarque sur les agrégatives est juste, bien que légèrement caricaturale (des agrégatifs « mâles » ont aussi des enfants et sont investis dans leur éducation, tandis que nombre de candidates n’ont ou n’auront jamais d’enfants). Ce constat peut d’ailleurs être élargi aux provinciaux, aux candidats sans postes, etc. Le constat est donc clair, ce concours, « so IIIe République » est foncièrement inique et induit des injustices qui sont difficilement acceptables aujourd’hui.

      « Sauvons l’excellence », pourrait-on rétorquer… En tout cas, si l’excellence conserve le visage de l’injustice et apporte un si piètre exemple à nos étudiants, gardez-la pour vous!

  11. Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

    Plus je lis les commentaires de ce blog, plus je me dis que c’est véritablement le système dans son ensemble qu’il faut changer. S’attaquer au concours d’agrégation qui serait source de discrimination et synonyme d’élitisme réac, pourquoi pas. Mais alors, dans ce cas, il faut avoir le cran de taper sur l’ensemble du système et de dénoncer toutes les grosses magouilles qui polluent régulièrement les recrutements de MCF et de professeur.

    J’ai passé plusieurs années dans une belle université de province à la suite de ma réussite au concours. J’en garde un souvenir très fort par les liens d’amitié tissés là-bas. Toutefois, le mode de fonctionnement de mon laboratoire (dans lequel j’ai exercé des fonctions à responsabilité) m’a parfois interloqué, notamment dans sa politique de recrutement. L’agrégé attirait la méfiance (j’étais un peu l’exception qui confirmait la règle). Néanmoins, dès qu’un poste sortait (46-3, 46-1 plus récemment, ou encore poste de MCF), il y avait peu de surprise : c’était un local qui l’emportait systématiquement. Là aussi les dés étaient pipés. Le sont encore. Et le seront toujours. Et pour ajouter encore à la bizarrerie du système, naturellement plusieurs locaux étaient sur les rangs, ce qui avait pour effet de créer du ressentiment chez ceux qui n’avaient pas eu le privilège d’être adoubé par le comité de sélection. Bonjour l’ambiance ensuite lors des conseils de labo et autres AG…

    En somme, s’attaquer à l’agrégation dans sa forme actuelle, c’est bien ; s’attaquer à l’ensemble du système, c’est beaucoup mieux. Les principes de non-discrimination et d’égalité qui sont sans cesse cités sur ces pages trouveraient alors un combat à leur véritable mesure.

    • Philleas dit :

      Cher Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog), vous avez absolument raison!

      Mais disons qu’en termes d’intégrité (volontaire ou involontaire), si la combinaison CNU + Comité de sélection n’est pas irréprochable, l’agrégation l’est encore moins. Pardonnez-moi cette image triviale mais le poisson pourrit toujours par la tête… Si vous êtes un contre-exemple, je m’en félicite, mais vous êtes malheureusement trop rare… Puissiez-vous pulluler à l’avenir!

      (Je m’en vais désormais siéger dans un Comité de sélection qui ne pratique ni népotisme, ni cooptation, ni localisme… Si, si, ça existe!).

    • Cadoudal dit :

      Sans justifier éthiquement ce localisme outrancier, je me demande dans quelle mesure celui-ci ne constituerait pas l’image spéculaire de l’agrégation dans pas mal de facs de province : « puisque l’agrégation ne produit essentiellement que de vaniteux parisiens qui nous sont envoyés à intervalle régulier pour prendre la majorité des postes de profs dont nous disposons, gardons au moins les quelques autres postes de prof et tous les postes de MCF pour nous autres du pays ». J’avoue que je ne jurerai pas sur l’honneur de mes ancêtres de la validité de cette hypothèse, mais souvent je me demande s’il n’y aurait pas de ça au regard du fait que tout le monde (ou presque) juge naturelle la prime, parfois éhontée, offerte au local de l’étape tout en jugeant généralement naturelle (au moins en public) l’existence de l’agrégation. Je veux dire que les promoteurs du localisme sont aussi, parfois, des défenseurs de l’agrégation (et tout simplement des agrégés). J’en connais pas mal d’exemples personnellement.

      Je juge, tout comme vous, qu’un bon coup de balai serait nécessaire dans l’ensemble de l’édifice de recrutement. Et, je vais m’attirer des coups de fusil peut-être pour cela, mais je trouve que le système nord-américain n’est peut-être pas mauvais. En tout cas, je le trouve moins hypocrite que le système français. Encore faut-il que je sois sûr d’avoir bien compris celui-ci (que l’on me corrige si je me trompe) :

      1° – Interdiction (en fait sinon en droit) du recrutement local des « associate professors » (équivalent de nos MCF, à ceci près, et ce n’est pas rien j’avoue, que ceux-ci sont « révocables ad nutum » ou presque et non titulaires de leurs postes comme nos MCF) ;

      2° – Accès à la « tenure » au bout de quelques années, celui-ci n’étant pas véritablement un recrutement mais simplement la consécration dans son poste d’une personne maintenant devenue inamovible.

      Je ne suis pas sûr qu’il faille reprendre le système dans son intégralité mais je me demande s’il ne serait pas sain d’en transposer certains aspects :

      1° – Interdiction du primo-recrutement local au premier grade (je veux dire MCF). Reste la difficulté de définir la notion de « candidat local », mais ce ne serait pas insurmontable je pense. Cette interdiction du primo-recrutement local aurait diverses vertus à mon sens :
      a – Introduire plus d’équité dans les procédures de recrutement. Tout ne serait pas parfait, des « échanges de bons procédés » entre facs voisines étant toujours possibles bien sûr, mais cela pourrait contribuer à limiter le nombre des places réservées. Il me semble d’ailleurs, de ce point de vue, que l’interdiction du primo-recrutement local des MCF ouvrirait davantage de postes aux parisiens en province, ce qui compenserait en partie la perte que constituerait pour eux la suppression de l’agrégation.
      b – Forcer les docteurs ayant fait tout leur cursus au même endroit à voir un peu de pays (je l’ai fait, je trouve que c’est enrichissant. Pour l’anecdote : la méthode de la fiche d’arrêt varie en fonction de la géographie).
      c – Du coup, assurer un minimum de brassage intellectuel dans les facs par apport de « sang neuf ».
      Les fonctions « voyage » et « brassage », actuellement remplies par l’agrégation (de l’aveu même de pas mal de ses défenseurs) seraient donc alors assurées au niveau du recrutement des MCF et non des Pr.

      2° – Transformation du mode de passage du grade de MCF à celui de Professeur. Il ne s’agirait plus d’un « concours » (qu’il s’agisse d’un « concours » local au 46-1 ou d’un « concours » national par l’agrégation) mais d’une procédure de promotion offerte, en interne par chaque établissement, à ses MCF ayant les expériences et compétences requises. Un peu comme l’accès à la « hors-classe » des MCF à l’heure actuelle. Notons bien que ça ne veut pas dire que tout le monde devient forcément professeur : des critères sont à remplir, un comité est nommé pour les apprécier (pourquoi pas composé uniquement de membres extérieurs à l’établissement, ou seulement de membres suffragants venant de l’extérieur), ce n’est pas qu’une question d’ancienneté.

      Voilà l’idée que je me fais parfois de possibles évolutions. Je n’en fais pas une doctrine, mais il m’arrive de me dire que ça pourrait faire une base de discussion. On me rétorquera peut-être que je me trompe sur la nature du système nord-américain (comme je le disais, enseignez-le moi en ce cas) et sans doute que je suis un dangereux atlantiste/libéral (rayez la mention inutile), un adversaire du « service public à la française » ou encore que tout cela est impossible dans le contexte du droit de la fonction publique français et/ou des mentalités hexagonales. Toutes ces critiques contre mes suggestions, je le reconnais d’ailleurs, pourraient bien présenter un fond de vérité et je laisse ici qui le souhaite les exprimer en espérant ainsi au moins susciter quelques débats précis sur la base de telles propositions.

      • Anonyme dit :

        Un petit tour du côté de http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2015/16/4/2015-073_Enseignants-chercheurs_554164.pdf. Le dernier rapport de l’IGAENR. Proposition de décontingentement pour les postes de prof. notamment. Pas de quoi se réjouir pour autant au regard des autres mesures proposées notamment modulation des services sans accord de l’enseignant-chercheur avec pourquoi pas la suppression du CNU. Le renforcement des pouvoirs locaux est à l’oeuvre (un petit exemple : tu ne veux pas chercher sur ma super thématique ? Ce n’est pas grave. Tu vas assumer le double d’heures pour qu’un autre puisse travailler sur ma super thématique. Tes libertés universitaires ? Ne sois pas grossier tout de même). Chaque université doit pouvoir faire ce qu’elle veut. Le clientélisme, déjà fort présent, en sortira encore plus renforcé. Peut être l’IGAENR aurait-elle eu intérêt à faire une enquête auprès de l’ensemble des universités plutôt que de se cantonner à quelques unes. Dans la réforme à venir du statut des enseignants-chercheurs, qu’est ce qui va prévaloir : cette étude partielle ou la consultation réalisée par le ministère ? Tout dépendra de ce qu’a déjà décidé le ministère pour les enseignants-chercheurs.

        • Justinien dit :

          Compte tenu du présent débat, je me permets de remettre sur la table un autre témoignage, livré il y a deux ans sur un autre site : http://blog.educpros.fr/pierredubois/2012/06/22/2-presidents-agreges-et-historiens/
          J’attire particulièrement l’attention sur le témoignage n°8 par un certain Damien, jeune agrégé que les historiens du droit identifieront peut-être, mais qui résume bien le parcours du combattant livré par les dignitaires de la section 03 en proie au localisme.

          Je persiste à penser que la tête du « poisson pourri », pour reprendre l’une de vos expressions, ne se situe pas au niveau de l’agrégation. Les MCF recrutés selon la voie longue sont encore plus soumis au jeu des mandarins, sauf à régler la question du recrutement local.

          • Cadoudal dit :

            On ne peut pas réduire, comme le fait le témoignage de notre « pauvre Damien », le sujet à son cas particulier à lui. De même qu’on ne peut réduire, comme il le fait, les MCF de province à une masse indistincte de médiocres lèches-pompes avocassant à qui mieux-mieux. Tout comme on ne peut pas réduire les agrégés à une masse de parisiens prétentieux cachetonnant chez les avocats aux conseils. Dans un cas comme dans l’autre, le débat mérite mieux que ça je pense…

            • Anonyme dit :

              Dans le témoignage très… particulier, dirons-nous, que vous avez mis en lien, une chose m’a interpellé : « Damien » admet que, du fait de son recrutement comme MCF, puis de sa préparation de l’agrégation et de son nouveau poste, « [s]a recherche, [en] pâtit quelque peu pour être franc ». Il soulève un problème éthique à mon sens : est-il normal que ce système pousse des MCF, dont la moitié du salaire est supposée servir à faire de la recherche, à se préparer en réalité pendant deux, quatre, voire six ans à un concours qui, quoi qu’on le dise, relève de la carrière privée ? J’espère que ce jeune professeur a rattrapé ce retard depuis les quatre ans qui nous séparent de son témoignage, a mis les bouchées doubles pour se montrer à la hauteur de son titre, de ses propos sur ses collègues médiocres et n’a pas considéré que l’agrégation était une fin en soi. J’en vois trop autour de moi qui, une fois l’agrégation en poche, se considèrent rentiers, et qui ne sortent plus qu’un article tous les deux ans, et sur leur sujet de thèse encore…

              Et puis, je ne peux m’empêcher de faire une dédicace amicale à « Girl Power » : c’est la femme qui a démissionné pour suivre le mari devenu professeur 😉

            • Girl Power dit :

              Chère/Cher Anonyme, merci pour cette dédicace amicale, cela me va droit au coeur!

              Malheureusement, vous mettez à côté… Je suis un homme célibataire qui déteste tellement l’injustice qu’il est prêt à défendre des causes dans lesquelles il n’a aucun intérêt!

              Ah oui, j’oubliais: 😉

        • Marc Antoine dit :

          Hors le décontingentement plutôt positif, pour le reste, encore faudrait il faire de la recherche, ce qui en droit privé n’est que peu souvent le cas ! Il me suffit pour cela de regarder autour de moi…

  12. Anonyme dit :

    Justinien,

    Je ne partage pas votre avis. Bien sûr, quand on lit ce témoignage, on est frappé par le fait que tout n’est pas si rose pour les agrégés. Va-t-on les plaindre? En tout cas pas moi. Vous faites d’un problème complexe quelque chose de simpliste. La question serait donc de savoir entre l’agrégation et les PR voie longue quel est le pire système. Soit. Mais c’est réducteur à l’excès.

    Cette idée, martelée par les agrégés prétendument évolués selon laquelle l’agrégation éviterait le localisme ou serait le moins mauvais de tous les systèmes est erronée. Il faut le dire et le redire, elle est erronée. D’abord parce que rien n’empêche d’inventer un autre système. Cela a été dit et rappelé sur le blog : qu’est-ce qui empêche d’interdire le recrutement local pour les MCF ? Remarquez, ce sont les mêmes mandarins, souvent agrégés, qui le pratiquent. J’ajoute et je redis avec force que même les agrégés sont victimes de localisme. Le système n’empêche nullement de faire revenir un local dans sa facultés d’origine.

    En somme, pour faire court, votre argument masque un conservatisme qui ne dit pas son nom. Restreindre le débat à agrégation versus 46-1; ou 46-3 n’a pas de sens. Il convient plutôt de trouver les voies et moyens de réinventer un système plus juste où chacun soit incité à contribuer au rayonnement de l’université française. Je comprends que l’on ait du mal à avoir du recul critique sur son propre mode de recrutement, mais si vous êtes un vrai intellectuel, ce qui ne rime pas toujours avec un agrégé, vous n’aurez aucun mal à comprendre ce que je viens de dire. Le système est pourri de toutes part, je suis désolé de le dire. Et il faut le réformer de fond en comble. Parce que tout tourne autour de l’agrégation dans les facultés de droit, il faudra commencer par elle avant de s’attaquer à la culture juridique française qui en est encore au commentaire de texte comme seule mode de « recherche ». Le problème se situe là à mon sens.

    • Anonyme (mais pas pour les auteurs du blog) dit :

      C’est tout le système qu’il vous en effet revoir, mais plutôt que de faire une table rase, des corrections et des modifications s’imposent. Une « buse » qui obtient l’agrégation grâce à un alignement exceptionnel des planètes et une « buse » qui obtient le titre de professeur par la voie longue ou tout autre magouille locale, demeurent des « buses » (sur le plan scientifique, j’entends). Si les règles du jeu sont rendues plus transparentes et plus « strictes », il se trouvera certes toujours des « buses » en question pour obtenir des postes, mais de façon moindre.

      Cadoudal a émis des propositions intéressantes plus haut. Une autre en passant : il faudrait interdire à tout professeur ou MCF, extérieurs à l’université, de faire partie deux fois de suite d’un même comité pour un recrutement de MCF. Cela éviterait aussi certaines « ententes » ou « échanges de bon procédé ».

      Une dernière chose sur le mandarinat : j’ai passé plusieurs années dans une université où le pouvoir, dans certains labos, appartenait à des professeurs qui n’étaient pas passés par l’agrégation. Aussi compétents soient-ils, aussi sympathiques soient-ils, cela ne les empêchait nullement de recruter des MCF…. locaux. Le mandarinat n’est pas l’apanage des agrégés.

      • Françoise Olivier-Martin dit :

        Le retour d’un débat esprit de système/esprit des siècles… Voilà qui ne me rajeunit pas. La vieille chercheuse que je suis pourrait dès lors citer Voltaire : « voulez-vous avoir de bonnes lois ? Brûlez les vôtres et faites en de nouvelles ! ».

        Ceci dit, et au risque de paraître abrupte en prônant la politique de la table rase, c’est clairement TOUT le système qui est à revoir. A commencer par ce tour de France aussi coûteux que ridicule qui entérine les tares que nous dénonçons tous et que la loi Pécresse n’a su mettre à bas (bien au contraire !).

        Alors, j’entends bien les témoignages de Damien et de Justinien ; à bien les lire, ils ne défendent pas nécessairement le système en tant que tel, mais ce qu’ils considèrent, eu égard à leurs expériences (j’imagine traumatisante, mais chaque historien du droit aurait ses mots/maux à dire !), comme une sorte de bouée de sauvetage qui a fonctionné pour eux et peut donc servir à d’autres. Peut-être. Mais faut-il saluer un mur qui penche, simplement parce qu’il parvient à se soutenir ? Ne peut-on pas tous se réunir afin d’élever des murs perpendiculaires ?

  13. Anonyme dit :

    Cher « Anonyme »,

    Nous sommes d’accord. Mais permettez : les corrections à la marge ne sont pas ma tasse de thé ; elles masquent trop souvent un retour au conservatisme antérieur. Le 46-1 a ses défauts ; l’agrégation externe aussi. Il faut s’attaquer à plusieurs problèmes fort complexes. Le localisme certes, mais dans un pays comme le nôtre, avec une communauté universitaire si petite, il est difficile de le réduire à néant. Les facultés de droit doivent entrer de plein pied dans leur siècle.

    Cela commence dès la thèse de doctorat où l’on bassine les doctorants (à commencer par P1 et P2) avec l’agrégation comme si c’était le Graal à atteindre alors même, comme le souligne un autre anonyme, que la connaissance se construit en SHS avec le moins d’arguments d’autorité possible. Pourquoi voit-on encore des thèses produites en série, qui sur les contrats, qui sur les obligations, qui sur Recherche sur je ne sais quoi… Le système est vicié dès la base. Pourquoi? Parce que personne n’apprend aux doctorants à faire de la recherche en SHS en dehors du commentaire de texte s’entend. Je n’ai rien contre remarquez, mais force est reconnaître, lorsqu’on regarde la chose de l’étranger, que cette manière exclusive de voir le droit a fait son temps. Les agrégés pas plus que les autres, ne sont armés pour cela, hormis quelques bastions parisiens ou provinciaux (plus rares).

    Dans ces conditions, le système ne peut évoluer. Et voilà pourquoi, parce que beaucoup d’entre nous n’ont aucune méthode, parce qu’ils ne savent pas dialoguer avec les autres sciences sociales, nous magnifions l’agrégation. Les amendements à la marge ne suffiront pas. Dans un système idéal, un doctorant devrait pouvoir critiquer le texte de son directeur de thèse sans crainte de blessure narcissique ou sans se dire : je ne lui parlerai que quand je serai agrégé. Au fond, les facultés de droit ne sont pas encore véritablement entré dans l’histoire. Elles ne sont jamais véritablement sorties de l’université de la III e République. Si vous n’en êtes pas convaincus, je vous invite à lire ce court papier d’un maître de la discipline.

    http://www.laviedesidees.fr/Les-racines-de-la-crise-universitaire.html

    Je crains que le réveil pour les juristes soit brutal lorsqu’ils s’apercevront qu’ils auront tout perdu. Avec la fin du prestige d’antant relatif au statut de professeur d’université, les voilà soumis à un néolibéralisme violent qui va les conduire dans le fossé, y compris l’agrégation qui n’y résistera pas. Les juristes, tous les juristes, du CNRS en passant par les MCF et les PR agrégés ou pas, devraient tenir des assises pour réfléchir à l’avenir de leur discipline. Mais tant que les agrégés penseront qu’ils ont le monopole de parler pour tout le monde, le système s’effondrera par la force du marché.

    • Justinien dit :

      En postant mon lien, je ne cherchais nullement à adouber un témoignage. Je veillais, simplement, à rappeler quelques faits relatifs à l’histoire du droit, une expérience qui, de toute évidence, n’a pas fonctionné (les plus téméraires pourront lire le bel article qui suit par celui qui risque fort d’être le prochain président du concours en histoire du droit – si tant est qu’il subsiste encore : http://www.cairn.info/revue-histoire-des-sciences-humaines-2001-1-page-9.htm). L’état d’esprit du « pauvre Damien » est clairement le fruit d’un système vicié ; je ne le nie pas. Mais l’agrégation constitue pour les jeunes une sorte d’échappatoire.

      Vous êtes friands de statistiques et de tableaux Excel : vous êtes-vous intéressés au cas des admissibles sans poste ? Vous verriez les cas perturbants de personnes méritantes, et parfois « produisantes » selon les critères du CNU, qui n’ont jamais rien obtenu par la suite. Dans le cas de la présente agrégation, deux des onze admissibles n’avaient pas de postes ; sur les deux, un avait un poste réservé pour la présente session synchronisée, l’autre n’aurait, selon toute évidence, (jamais ?) rien eu s’il n’avait obtenu son agrégation.

      Ce genre de cas se présente chaque année. Pour une raison simple : la section 03 n’est pas dans la situation de (très relative) aisance des sections 01 et 02. Les postes de MCF y sont peu nombreux (5 cette année, et environ 6 pour les deux précédentes sessions – recrutement au fil de l’eau compris) et sont trop souvent réservés. Au moins, dans les deux grands frères de la communauté des juristes, un bon candidat obtiendra quelque chose, dans le pire des cas, en 2/3 ans. Obtenir un poste en HD revient à gagner au loto…

      Dans ces conditions, le fait de lutter aveuglément contre la seule agrégation est un non sens : cette tentative ne peut satisfaire que des privatistes et des publicistes. Ou alors, libérez la section 03 de son malheur en mettant un terme à « l’expérience » : fusionnez d’abord les trois sections juridiques du CNU (ce qui me semble nécessaire dans une logique de lutte contre les chapelles et le localisme), et nous pourrons ensuite rediscuter.

      Vous voyez, moi aussi, je peux vouloir faire table rase…

  14. Anonyme dit :

    Je suis d’accord avec vous sur la fusion des CNU. En fait, si l’on y regarde en détail, il existe des différences criantes entre les agrégations. Celle en 03 par exemple communique aux candidats les coefficients de chaque matière, ce qui ne se fait jamais en 01 ou 02. En 04, les travaux sont privilégiés, en particulier en langue anglaise. Autant de points qui ne militent pas pour la fusion que vous appelez de vos vœux.

    Pour terminer, vous parlez du futur président du jury en 03. Vous remarquerez que sa légitimité scientifique est hors de cause. Et l’on ne peut pas en dire autant des présidents en 02 ou 01 s’agissant de la solidité des travaux. En somme, si la section 03 et 04 se rapprochent des sciences sociales, les sections 01 et 02 en sont encore loin. Les différences entre chaque section ne doivent pas être minimisées. Voilà pourquoi l’agrégation prendra fin d’abord en 04 puis en 03 avant de s’étendre en 01 et 02.

  15. Anonyme dit :

    Vous serez heureux, et j’en termine là, de lire ce rapport du MESR qui envisage la fin de l’agrégation de matière désormais très claire. Même la revue de droit d’Assas, dans sa dernière livraison, parle des moyens de réformer l’agrégation… Mais je crois qu’il est trop tard désormais. Si gauche ne le fait pas, la droite le fera : les deux sont en accord sur l’avenir de l’ESR.
    http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2015/16/4/2015-073_Enseignants-chercheurs_554164.pdf

  16. Gérald dit :

    Sait-on si les heureux lauréats ont déjà effectué leurs choix d’affectation ?

  17. InLoveWithGirlPower dit :

    Girl power, si, en plus de ne pas supporter l’injustice et d’être célibataire, vous êtes hétéro, marions nous ! Et conservons chacun-e notre domicile…

    • Eh ben voilà, notre site d’énervés devient un site de rencontres…

    • Girl Power dit :

      C’est une idée. En plus de cela, en tant que MCF aigri de n’avoir pas décroché le « Concours », j’ai depuis longtemps lâché la rampe, cessé toute recherche et renoncé à toute actualisation de mes cours, qui datent de 1996… Résultat des courses, j’ai un temps fou pour sculpter mon corps et me façonner un physique d’Apollon!

      Ce temps libre me permets aussi de me payer de belles tranches de rigolade en lisant le commentaire de « Justine »: faire un parallèle entre représentations des femmes et des minorités (auvergnates ou autres) me fait bien rire (jaune), quant on songe au fait que les femmes sont une MAJORITE en France (34.336.315 contre 32.291.287 hommes) et qu’il y a bien plus d’étudiantEs que d’étudiants dans les facultés de droit…

      Le but n’est pas de créer des quotas, mais de bien prendre la mesure du fait que ce concours, par sa conception même, nourrit une sur-représentation de MINORITES influentes (hommes, parisiens, etc.) dans le corps professoral. Certains parlent de méritocratie, moi je n’y vois que de l’injustice…

      • justine dit :

        Riez jaune autant que vous le voulez, mais je persiste à croire que le problème essentiel n’est pas là. Mon parallèle avec les Auvergnats était ironique : inutile de le tourner en ridicule. Il s’agit de mettre en garde contre toutes sortes de tentations de représentativité, véritable casse-tête et question trop politisée. Qui ne l’a pas déjà constaté dans un jury, même de moindre importance (CRFPA, ENM ou autres…) ? Souhaitez-vous une parité imposée dans les concours ou les promotions accordées par le CNU ? Personnellement, je pense que le localisme dans le recrutement des MCF est un problème plus scandaleux (d’où l’interdiction du primo-recrutement local à laquelle je suis favorable).
        Quant aux autres défauts mentionnés (sujets préselectionnés, ce qui paraît un comble dans un concours dit « républicain » !), ils ne vous interpellent pas, semble-t-il (la réaction des collègues m’intéresse beaucoup, car peut-être suis-je naïf ou ai-je tort sur le fond).
        Pour revenir sur la surreprésentation des hommes, si vous partez du principe que la vie d’une femme est plus difficile (par rapport à la maternité), nous ne sortirons jamais du problème : moins de temps disponible pour le concours signifie aussi moins de temps pour la recherche, peut-être moins de publications ou d’implication, et à l’arrivée le même risque de décalage hommes-femmes dans les promotions au 46-1 ou 46-3…
        Croyez-bien que je respecte votre approche, en espérant que ce soit réciproque !

        • Pour notre part, nous considérons que la place des femmes dans l’enseignement supérieur EST un problème essentiel. Voir par exemple ce document des « salopettes ». Certes, les solutions ne sont pas simples. Certes, l’agrégation n’est pas responsable de tout ce gâchis, mais il nous semble qu’elle y contribue.
          Quant à la « présélection » des sujets que vous mentionnez, en interrogeant autour de nous, et en fouillant dans notre mémoire, plusieurs systèmes ont coexisté: étalage de tous les sujets devant le candidat, ou présentation d’un nombre restreint d’enveloppes. Faut-il forcément voir ici une manipulation? Nous ne le croyons pas nécessairement. Le concours doit être supprimé parce qu’il est intrinsèquement un mauvais mode de promotion au grade de professeur, non parce que l’on peut supputer que le jury est malhonnête (Bona fides semper praesumitur nisi mala probetur).

  18. ROMANUS RUFUS dit :

    J’aimerais dire à la petite dame qui n’aime pas trop qu’un homme lui porte ses valises. Elle a eu de bien beaux prédecesseurs(ou sseuses!!!) qui portaient allègrement les valises du FLN…. les Mandouze et autres André Hauriou.

    D’ailleurs, hormis Jean-Pierre CORIAT, il n’y a plus de romanistes dignes de ce nom. La seule candidate romaniste au concours 2016 a été éliminée dès le premier tour au cas où elle en saurait bien plus que certains membres du jury. Ce qui ne serait pas étonnant….Depuis 1958, l’enseignement des Pandectes a été supprimé. Certains sont agrégé sans même savoir un mot de grec avec une culture latine fort médiocre.
    C’est la Veme.

  19. Marc Antoine dit :

    Personne de P1 ou P2 ! Le major de P10 sauve l’honneur.

    Localisme ou agrégation, les deux systèmes sont mauvais. Mais devenir professeur à 30 ou 35 ans est absurde tant cela donne une image déplorable à l’étranger comparé à des professeurs éminents chercheurs.

  20. Miroslav dit :

    http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Personnels_enseignants_chercheurs/17/2/rapport_du_president_M._Morabito_700172.pdf

    Le rapport vient d’arriver! À lire! 3 pages lumineuses et une conclusion qui démontre le niveau intellectuel, la maîtrise de l’argumentation et de la force de persuasion de son auteur. On atteint des sommets, loin, très loin, de la médiocrité d’un recalé de l’agrég, d’un simple docteur ou d’un maître de conférences. Vive le mérite républicain! Mieux vaut en rire qu’en pleurer….

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