Les tares congénitales de l’épreuve dite « sur travaux »

A priori, l’épreuve dite « sur travaux » (son nom exact: « appréciation par le jury des titres et travaux des candidats »), qui ouvre le bal grotesque de l’agrégation, est l’épreuve la moins stupide de cette grande mascarade, celle qui donne un gage de qualité scientifique. Il n’en est rien… petite revue de ses tares congénitales, non seulement pour consoler les publicistes qui ne seraient pas « sous-admissibles », mais aussi pour tenter de démontrer que dans l’agrégation, rien n’est bon.

  • Le petit nombre des membres du jury. Si l’on réfute la présomption selon laquelle les agrégés sont omniscients, il est absolument impossible de trouver deux, ou ne serait-ce qu’un seul rapporteur, compétent dans tous les domaines de spécialité des différents candidats. Une épreuve digne de ce nom supposerait la désignation de rapporteurs extérieurs, choisis parmi les spécialistes de la matière. Autre biais: les spécialités des candidats ne sont évidemment pas réparties proportionnellement aux spécialités des membres du jury.
  • Le faible temps pour préparer les rapports. Si l’on part sur une base de 210 candidats, avec deux rapports pour chacun, le jury a 420 rapports à écrire. Répartis sur 7 membres, cela fait 60 rapports par membre à écrire (rémunérés à 100 € par rapport, cela représente 6000 € par membre du jury… le simple coût global des rapports paye un ATER temps plein sur une année). 3 mois séparent l’envoi des travaux et le début des épreuves. Sur ces 3 mois, offrons au jury 1 mois de vacances, restent 2. Retirons-lui ainsi 8 dimanches, reste moins de 60 jours pour écrire 60 rapports. Ce qui signifie que chaque membre du jury doit écrire plus d’un rapport par jour, s’il veut avoir fini avant le début des épreuves. L’on répondra que pour les derniers candidats, il peut écrire au cours des épreuves. Certes. Mais notre calcul omet, d’une part, qu’il n’a peut-être pas que cela à faire… et qu’il doit aussi prendre connaissance des différents documents qui, pour chaque candidat, sont distribués à tous les membres du jury. Conséquence concrète: les rapports semblent écrits lorsqu’ils sont demandés. (Nous invitons d’ailleurs chaque candidat à demander ses rapports, dès la fin des épreuves).
  • Les travaux en anglais ne peuvent être fournis. Certes, l’on comprend que les candidats qui auraient publié en chinois, en swahili ou en tamoul soient contraints de transmettre une traduction de leurs travaux. Mais peut-on vraiment en dire de même de ceux qui auraient publié en anglais? Les économistes, moins fous que les juristes, avaient développé une coutume contra legem qui leur permettait de transmettre leurs articles en anglais (les seuls qui comptent vraiment). L’absence d’incitation quant aux publications à l’international est délétère pour la diffusion de la science juridique française (la remarque vaut pour la procédure qualif du CNU).
  • L’épreuve est dévoyée. Les rapports du jury eux-mêmes laissent entendre qu’elle doit être comprise comme une épreuve sur les travaux, non du candidat, mais des membres du jury. La part laissée aux non-rapporteurs est sans doute trop grande.
  • Contra legem, l’épreuve tourne au quiz. Concours après concours, les jurys expliquent aux candidats pourquoi ils doivent se préparer à discuter d’autres points que leurs travaux (par exemple, cette année, il a été dit que « un dialogue est engagé directement avec le candidat sur ses travaux mais aussi sur d’autres questions« . Dénaturation de l’article 7 de l’arrêté du 13 février 1986, qui est clair, selon lequel le jury engage avec le candidat « une discussion sur ses travaux ».
  • La notice fournie par le candidat tient souvent lieu de travaux. Ah, cette notice… il y a les initiés, qui ont appris sur les genoux d’un mentor (idéalement ancien ou futur membre du jury) ou dans le cénacle d’une conférence d’agrégation, de préférence parisienne, les ficelles pour la tourner « comme il faut »… et puis il y a les autres, les non-initiés, ceux qui ne sont pas du clan ou de l’écurie, et qui manifesteront dès cette entame toute la grossièreté de leur condition.
  • L’absence d’anonymat. Évidemment, concevoir une épreuve sur travaux anonyme est impossible. Il ne faut peut-être pas en faire, pour cette raison, le premier instrument de sélection. L’absence d’anonymat du candidat est un problème, mais l’absence d’anonymat du rapporteur en est un aussi. Un rapporteur extérieur anonyme donnerait plus de gages d’indépendance, mais renforcerait l’aléa tenant à la désignation du rapporteur.
Advertisements
Tagged with: , , , , , ,
Publié dans Arguments
22 comments on “Les tares congénitales de l’épreuve dite « sur travaux »
  1. Circenses dit :

    Le premier commentaire du post précédent doit laisser songeur plus d’un enseignant chercheur y compris professeurs. Il faudrait tout de même, avant d’être aussi lapidaire, avoir la politesse et l’honnêté scientifique de regarder les dossiers de certains recalés avant de conclure par ces propos qui n’élèvent pas Professeur. Ceci rejoint ce qui est dit ici dans ce post. Certains ont des dossiers importants comprenant thèse publiée, ouvrage, plusieurs dizaines de publications (article et notes), voire même parfois des colloques organisés et des chapitres dans des encyclopédies. Devons nous tous, souffrir la comparaison de nos cv respectifs pour éviter de tels propos? La question est posée semble-t-il. En tout cas elle ne me dérange pas en ce qui me concerne. La vraie question n’est donc pas le cv ou nos approches respectives. Car il y a tout de même ici, encore une fois, une question de profil ((touche à tout) dans le concours qui n’est peut être pas adapté au futur des universités, à tout le moins si elles souhaitent réussir leur mue. Mais bon, c’est là un autre sujet. Félicitations et bon courage aux non recales.

  2. Abdul dit :

    Exemple récent : une personne recalée jadis à l’épreuve sur travaux, malgré un super CV, et jetée comme une malpropre. La personne entre au CNRS comme CR2 (chargé de recherche 2ème classe). Elle vient de passer DR (Directeur de recherche), équivalent de PR à l’Université.

  3. Agrégé et alors ? dit :

    Cette épreuve à ses défauts, mais les aspects positifs l’emportent largement selon moi …

    Il me semble que les qualités du CNU sont vantées sur ce site, notamment dans la perspective d’un système alternatif. l’examen dès dossiers ne m’y semble pas plus sérieux et il est composé de gens très sérieux et d’autres qui ne sont là que pour les perspectives que cela offre. Je comprends dans le lot des professeurs, comme moi, mais aussi pas mal de maîtres de conférences qui ne sont là que pour préparer la suite. Ils espèrent passer professeurs en misant sur autre chose que leurs qualités scientifiques…

    Je suis favorable au maintien du concours et que 50% des postes de Pr soient attribués via le concours et 50% par le biais du CNU.

    Vous critiquez l’incapacité des agrégés à se rendre compte des inconvénients du concours. De mon point de vue, vous êtes tout autant dénués d’objectivité. A vous lire, s’agissant des MCF recalés dans l’accès au professorat ce serait à chaque fois Mozart qu’on assassine …

    Le concours a ses défauts, comme tout concours, mais si je connais des professeurs qui ne méritent pas de l’être (pas que des agrégés, je pense aussi, bcp, à ceux passés par la voie longue) je connais beaucoup de maîtres de conférences dont j’estime qu’ils ne sont pas nécessairement légitimes à devenir professeur.
    Bref, des Mozart restés sur le carreau, il n’y en a pas tant. Bien sûr que j’ai un certain nombre d’amis, ou pas d’ailleurs, dont je me dis qu’ils ont toutes les qualités et méritent de devenir Pr. Mais ils ne correspondent pas à une majorité, et si 50% des postes relevaient du CNU (ce qui n’empêche pas de critiquer certains aspects de son fonctionnement) j’espère qu’ils pourraient en profiter.

    L’égalitarisme, pour les étudiants ou les enseignants-chercheurs, ne mène nulle part, c’est la victoire de la médiocrité.

    • Cher Agrégé, et alors?
      Contrairement aux lecteurs, nous avons accès à votre adresse courriel, et donc à votre nom et prénom. Peut-être suis-je en train de me tromper, mais il me semble qu’à votre premier concours, vous n’aviez pas passé l’épreuve sur travaux. A-t-elle vraiment tant d’aspects positifs, cette épreuve?
      Quant à vos autres réflexions, elles vous appartiennent, évidemment… Mais nous n’avons jamais prôné un « égalitarisme », dont nous ne comprenons d’ailleurs pas le sens…

      • Agrégé et alors ? dit :

        Je n’allais tout de même pas créer une adresse mail plus discrète pour l’occasion ! J’ai d’ailleurs hésité à apparaître directement.

        Pour commencer par la fin, il me semble que parmi vos soutiens (du site j’entends) il en est pour lesquels la fongibilité règne chez les enseignants-chercheurs et qui ne rêvent pas moins que d’un corps composé uniquement de professeurs dont j’imagine qu’ils progresseraient essentiellement à l’ancienneté (je crois avoir lu une référence à la magistrature où l’ancienneté constitue tout de même le facteur essentiel de l’avancement ). En ce qui me concerne je suis tout à fait favorable à une évaluation des EC, sérieuse et entourée de garanties, de sorte que les collègues n’assumant pas leurs obligations de recherche verraient leur service d’enseignement alourdi (Pr comme Mcf bien sûr). Et que l’on ne vienne pas me parler de la difficulté pour les Mcf à publier, j’étais doctorant pour mes premières publications et comme Mcf je n’ai jamais ressenti de difficultés particulières même si je reconnais qu’en tant que Pr c’est encore plus facile.

        Pour ce qui est de la leçon sur travaux : j’ai effectivement été recalé sur travaux au concours qui a précédé celui où j’ai été admis (2011). Je dois d’ailleurs signale que l’on était beaucoup dans ce cas là. Après, et je ne parle que de mon expérience, je crois que mon échec au concours précédant tenait pour l’essentiel à deux raisons :

        – je ne correspondais pas vraiment au jury. Vous trouverez là un argument à votre critique probablement, mais je crois que c’est un élément commun à tous les concours … Les examinateurs doivent se reconnaître en vous.

        – Je n’étais pas prêt, du moins beaucoup moins qu’en 2011. J’entends par là que si mes travaux ont peu changé entre les deux concours (quelques publications mais la thèse est restée ce qu’elle etait) je n’avais la capacité de les défendre aussi bien. Certes, j’ai bénéficié de signes extérieurs absents la première fois comme la publication de la thèse dans une belle collection mais je ne suis pas sûr que c’était l’essentiel. Je me suis surtout interrogé sur ce qui n’avait pas fonctionné et ce qu’il me fallait modifier alors que le plus simple aurait été de crier à l’injustice en reprochant au jury de n’avoir rien compris …

        Au-delà, et je ne parle que de ce que je connais vraiment c’est-à-dire mon cas, je mets au défi quiconque de trouver trace d’un quelconque lien entre moi et l’un des membres du jury. Pas même la moindre participation à un colloque commun ou autre, absolument rien … On m’a d’ailleurs dit ensuite que je faisais office d’alibi, soit la réaction typique des personnes refusant de se remettre en cause. Je tiens enfin à saluer les résultats du concours 2015, où l’on a vu selon moi une ouverture à des profils extrêmement différents, aussi bien des candidats assez jeunes sur la foi, pour l’essentiel, d’une excellente thèse (le major par exemple, et je le dis d’autant plus volontiers que la thèse en question je l’ai lue) que des candidats plus âgés et au dossier scientifique plus étoffé.

        Je pense que beaucoup d’agrégés ne marquent aucune condescendance à l’égard des Mcf. Leur carrière doit être revalorisée et l’accès au professorat plus ouvert. Cela n’implique pas nécessairement la disparition du concours, au profit d’un avancement qui dépendrait surtout des accointances syndicales et des amitiés locales ou nationales. Vous me direz que le concours n’est pas forcément exempt de reproches à cet égard, j’en conviens volontiers mais il l’est toujours moins que les autres modes de recrutement ! Et l’on peut très bien le faire évoluer en introduisant par exemple une première épreuve anonyme qui précéderait la leçon sur travaux ( à la place de la 24 heures par exemple même si j’ai bien aimé l’exercice, ce qui ne m’empêche pas de trouver « baroque » la publication des leçons dans un recueil !).

        • Sigmund dit :

          Merci Monsieur « Agrégé, et alors? » pour cette démonstration éclatante du narcissisme de la petite différence que constitue votre pseudo-statut!

          • Agrégé et alors ? dit :

            Quel narcissisme ? On me demande si malgré un échec sur travaux je considère que cette épreuve n’a que des atouts … Alors je réponds et comme je n’ai pas la prétention de répondre pour l’esenmble des agrégés je précise que je ne parle que de mon expérience. Cette incapacité à supporter un point de vue différent quant au concours est stupéfiante … Vous êtes certainement de ces génies incompris dont le concours n’a pas reconnu la valeur ! Je vous laisse à vos aigres illusions …

  4. droitdelafamille dit :

    Pour tous les aigris du concours, on rappellera que l’épreuve sur travaux, c’est une évaluation à la fois des travaux mais aussi de l’audition du candidat. Des travaux excellents ne peuvent sauver une audition catastrophique, et c’est certainement cela qui explique le fait qu’un candidat non sous admissible puisse etre (très bien) agrégé au concours suivant. Il y a des choses à changer dans le concours, il y a une carrière de MCF à revaloriser et plus de postes à accorder à la voie « normale », mais il serait temps de se remettre en question un peu et d’admettre qu’à un concours, il puisse y avoir des candidats meilleurs. Et pour la névrose, il y a aussi une solution qui consiste à aller consulter. Je suppose que ce post sera modéré ou appellera immédiatement une réponse violente de la part de l’auteur du bloG….

    • Modérer ce post? Non, nous ne modérons que ceux qui contreviennent à quelques règles, qui tiennent essentiellement au respect des limites communément posées à la liberté d’expression, et à quelques autres que nous avons fixées, comme l’absence d’attaques ab hominem… Pour le reste, nous pouvons entendre des points de vue différents du nôtre sans appeler à la censure, ni crier au fou.
      Quand à notre santé mentale (le pluriel n’est pas signe de schizophrénie: nous sommes plusieurs derrière ce blog), nous allons bien. Merci.
      Observons que vous n’apportez aucune contradiction quant aux tares que nous dénonçons…

    • Abdul dit :

      Vous dîtes « les aigris du concours ». Tout est dit. Pour les défenseurs de l’agrégation, le monde se divise en deux catégories : eux, et les aigris.
      Faut-il rappeler que le rapport Berger remis au Président de la République recommande la suppression de l’agrégation du supérieur ? Mais Berger et le Président de la République sont évidemment des aigris !
      La vérité, c’est qu’à part dénigrer, accuser, faire peur ou agiter le chiffon rouge, sur le fond, vous ne faîtes que nier une réalité dont le monde a maintenant pris connaissance au sein de l’Université française.

  5. Agrégé et alors ? dit :

    Vous n’y verrez probablement qu’une solidarité d’agrégés, mais ces tarés que vous dites dénoncer sont largement partagées par les autres voies d’accès au professorat qui en comptent même quelques autres …

    Tout n’est pas parfait, loin de moi l’idée de le contester, mais je m’interroge tout de même sur le fait que vous ne mettiez pas autant d’énergie à dénoncer les tarés de l’accès à la maîtrise de conférence. Pourquoi cela ? Serait-ce parce ces tarés ne vous ont pas paru si gênantes au moment d’obtenir un poste de MCF ?

    Surtout, vous dénoncez l’épreuve sur travaux et l’agrégation en général. Mais l’agrégé a au moins le mérite d’avoir vu ses mérites reconnus par un jury. Parmi les contempteurs du concours, beaucoup ne l’ont jamais passé ou l’ont passé sans vraiment le préparer, n’ont pas écris grand chose et tiennent un discours de génies incompris … Ce n’est rien d’autre qu’une tentative d’auto-légitimation.

    Je ne dis pas que ca concerne tous les MCF bien entendus, et je concède volontiers que bcp mériteraient de devenir professeurs, mais certainement pas tous. Les plus critiques que je peux connaître sont bien souvent les moins actifs scientifiquement et ne peuvent compter que sur le réseau pour devenir professeur un jour.

    • AZERTY dit :

      « Dénoncer les tarés de l’accès à la maîtrise de conférence » (sic)… Les membres du CNU apprécieront ! Ahahah…

    • Nous sommes bien d’accord sur le fait que toutes les voies d’accès et de promotion à l’Université souffrent de défauts, que l’on parle de PR ou de MCF. Et, puisque nous siégeons notamment dans les comités de sélection MCF, nous percevons bien les travers, les dossiers non lus, la prime aux locaux, les petits chantages et arrangements mesquins… plus souvent le fait des agrégés présents que des pauvres MCF qui n’ont pas de poulains à défendre.
      Et, contrairement à ce que vous pensez, nous mettons beaucoup d’énergie à combattre ces défauts des autres voies. Simplement, pas sur ce blog: il a un objet précis.
      Pourquoi? Il faut le rappeler encore, nous l’avons déjà maintes et maintes fois dit: l’agrégation est spécifique à quelques sections CNU; les autres voies sont communes. Avoir la prétention, nous qui ne sommes qu’une poignée de juristes, animateurs d’un blog, de renverser l’agrégation, ou du moins d’en dénoncer les plus gros travers, est déjà énorme. Alors, pour ce qui est de la refondation de l’université… il faut user d’autres modes d’action (et commencer par être honnête en comité de sélection, au CNU…). Vous voulez améliorer les voies de droit commun? Entrons déjà pleinement dans ce droit commun, en supprimant l’agrégation, nous serons légitimes à parler.
      Quant à vos insinuations sur notre médiocrité, vous pouvez vous les garder.

      • Agrégé et alors ? dit :

        Je rejette tout ce qui conduit à la médiocrité en général, celle des Mcf comme des profs.

        Je ne peux m’empêcher de sourire en lisant que les arrangements dans le recrutement des Mcf seraient bien plus le fait des profs que des Mcf, ou comment ne pas voir la propre poutre que l’on a dans l’œil !

        Vous faites tout de même souvent semblant de ne pas comprendre et ne dénoncer que ce qui vous arrange, c’est évidemment bien plus commode. Cela remettrait en cause votre supposée intégrité et vos compétences si supérieures à celles des agrégés. On s’auto-legitime mais on supporte assez mal la contradiction …

        Quant à Azerty, je n’ai rien à ajouter ça se passe de commentaires. Quand on a rien à dire ou à peu près …

    • Cadoudal dit :

      « Parmi les contempteurs du concours, beaucoup ne l’ont jamais passé ». C’est pourtant une attitude tout à fait logique de leur part, vous ne croyez pas ?

      Quant au reproche implicite de médiocrité des adversaires du concours, il ne vous honore pas. En répondant à l’accusation de « narcissisme » des agrégés, que vous n’appréciez pas (ce qu’on peut comprendre), en ressassant vainement cet argument récurrent de l’aigreur des ratés (cf. l’opinion de Grimaldi dans son papier au Dalloz, et de nombreux autres apôtres du concours), on ne peut pas vraiment dire que vous éleviez le débat. Or, c’est pourtant la fonction du corps professoral, en principe…

  6. Agrégé et alors ? dit :

    Et désolé pour les coquilles, mon téléphone n’en fait qu’à sa tête, on dirait un agrégé …

  7. Concours républicain ? dit :

    Que le recrutement des MCF soit à améliorer, c’est tout à fait vrai. Une fois le CNU passé, combien de commissions de recrutements se réunissent sans étudier globalement les dossiers (se limitant à écouter deux rapporteurs synthétiser leur rapport sur le candidat…) et en n’écoutant que peu les candidats ou en jouant au jeu du QCM avec les candidats, sans que l’on ne comprenne bien l’intérêt en vue de recruter une personne qui sera ensuite nommée fonctionnaire, avec pour risque de favoriser le candidat ayant des liens « locaux ».

    Que ceci ne soit toutefois pas une raison pour s’interroger sur le concours pour devenir professeur. S’interroger sur un concours républicain où aucune épreuve n’est anonyme, où les candidats ont pour certains des liens avec les membres du jury (directeur de thèse, etc.), où les candidats composent à plusieurs et non seuls (leçon de 24h), etc., est aussi légitime.

    • Rien n’est parfait, et la procédure de recrutement des MCF est loin de l’être. Mais dans les Facultés de droit – puisque partout ailleurs, l’alignement sur le droit commun est soit acquis soit programmé de façon irréversible – l’agrégation est le coeur du système mandarinal. L’agrégation est ce qu’il y a de plus contraire à toutes les pratiques déontologiques internationalement reconnues. Voilà pourquoi la supprimer est une priorité absolue. Une fois l’agrégation supprimée, et ce n’est pas pour dans très longtemps, l’air que l’on respire dans ce petit milieu sera beaucoup plus sain. Après, tout le reste coulera de source.

      • POC dit :

        Tout le reste coulera de source ? Je n’y crois pas un seul instant ! Les universitaires ne sont pas plus vertueux que les autres. Le recrutement des MCF (et des PR à la voie longue devenue voie normale une fois l’agrégation supprimée) ne sera plus sain que s’il est encadré par quelques règles un peu strictes comme l’interdiction des recrutements ou promotions sur place ou une application plus exigeante du principe d’impartialité à la composition des jurys de concours que sont les comités de sélection.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :