Des nouvelles du concours d’histoire du droit

Les résultats de la sous-admissibilité en histoire du droit sont sur le site du ministère. Par ailleurs, il est possible que deux emplois supplémentaires se dégagent, portant le nombre de postes à 6.

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28 comments on “Des nouvelles du concours d’histoire du droit
  1. Miroslav Krleža dit :

    D’où tenez-vous l’information sur les deux postes supplémentaires?

  2. Miroslav Krleža dit :

    Oui, j’ai vu le lien sur le site du ministère après avoir posté mon commentaire. Il serait intéressant, en effet, de connaître « le procédé » qui conduit à l’ouverture d’une liste « complémentaire » de ce type. Pour revenir, au débat qui nous anime principalement à savoir la réforme et l’amélioration du statut d’enseignant-chercheur (doctorant, docteur, maître de conférences, professeur) et la suppression du « concours » d’agrégation du supérieur, je souhaiterais vous livrer ces quelques réflexions. Concernant le localisme, il semblerait que le non-recrutement dans sa faculté d’origine (de soutenance) soit une des mesures essentielles pour améliorer les choses. J’ajouterais qu’une commission de recrutement avec de réels extérieurs serait également indispensable. Je m’explique, il arrive assez souvent qu’une commission soit composée de 4 membres de la faculté du poste concerné, par exemple Toulouse, et 4 extérieurs mais en réalité, ces 4 membres ont tous soutenu leur thèse à Toulouse et connaissent parfaitement les 4 membres internes!! Ainsi, il me semble qu’une règle pourrait être instaurée du type: « Un extérieur ne doit être ni de la faculté concernée ni avoir soutenu sa thèse dans la dite faculté ni être lié institutionnellement avec l’un des membres internes (ancien directeur de thèse par exemple…) ». On pourrait également ajouter qu’une commission ne peut pas être composée de 8 membres ayant tous soutenu leur thèse dans la même faculté (Paris II ou Paris I par exemple ;-)) ce qui peut arriver là encore. La garantie de ne pas se trouver avec un jury de complaisance pour un candidat particulier ne sera toujours pas pleine et entière mais on s’en rapprocherait en tout cas. On pourrait également penser par exemple dans le cas d’une commission de 12 ou 13 membres qu’en dehors de positivistes pour un recrutement d’historien du droit ou de publicistes pour des privatistes. 1 prix Nobel ( ou un chercheur renommé) de physique ( ou d’une autre science « dure ») se trouve également dans la commission ( en tant qu’externe « complet ») ou encore un enseignant-chercheur en sciences humaines et sociales. Même chose pour les recrutements évidemment à la voie « longue » ou « normale » de professeur dans toutes les disciplines. Pour revenir au « concours », je rejoins, les divers arguments déjà avancés par les différents contributeurs de ce blog. Ma question étant, ne serait-il pas temps d’agir concrètement? Ne faudrait-il pas écrire, appeler, « harceler » M. le Secrétaire d’Etat (Thierry Mandon), en charge de la Recherche e de l’Enseignement supérieur? Le rencontrer ou à défaut l’un de ses conseillers (par exemple Anne Peyroche)… Fonder un nouveau syndicat indépendant ou se mettre en lien avec un/des syndicat(s) également favorable à la suppression du concours? Publier une tribune commune dans les journaux ( le Monde, le Figaro…) En liant bien sûr toujours le combat et l’argumentaire en faveur de la suppression de l’agrégation du supérieur à la revalorisation du doctorat et du/des métier(s) d’enseignant(s)-chercheur(s). Hausse significative des salaires, des moyens alloués à la recherche, internationalisation des métiers, quota de doctorants dans la fonction publique ( en plus des recrutés sur « concours »)… possibilité de passer l’ENA en interne… Bref, encore bravo pour ce blog, mais il y a encore du travail !

  3. Cadoudal dit :

    Bonjour,

    Plutôt que de compliquer encore et toujours plus la composition des comités de sélection (pour rappel, il faut déjà une parité Pr/MCF, une parité internes/extérieurs, une parité hommes/femmes), ne serait-il pas plus simple d’interdire le primo-recrutement local, comme cela se fait dans beaucoup de pays du monde ? En effet, tout le monde n’a pas un prix Nobel sous la main…

    • Miroslav Krleža dit :

      Je suis tout à fait d’accord pour interdire « le primo-recrutement local », j’ai d’ailleurs commencé mes propos en indiquant que cette mesure me semble « essentielle pour améliorer les choses ». Néanmoins, il me semble qu’en l’état actuel de la réglementation, cette mesure sera facilement contournable afin que le système « des arrangements entre ami(e)s » perdure. Par exemple, un candidat d’une université dans le sud de la France se fera facilement recruter dans une université voisine avec dans la commission 2 MCF et 2 PU de cette université (ayant soutenu leur thèse dans l’université du candidat) et 2 MCF et 2 PU de l’université du candidat. Avec bien sûr une parité hommes/femmes. Donc, un comité de sélection qui respecte la composition contraignante ( gage d’impartialité ?) mais avec en réalité 8 copains/copines qui ont fait leur thèse ensemble dans la même université et qui vont donc recruter en « interne » un candidat qui est tout simplement un de leur « protégé ». Peu importe, évidemment le dossier scientifique du candidat. Ou d’autres combines de ce type seront facilement mises en oeuvre pour permettre un recrutement « local » et/ou « arrangé en sous main » dans la faculté voisine et/ou dans la faculté « vassale » ( avant le retour à la maison quelques années après du « protégé » recruté). Bref, ce que je cherche à dire, c’est qu’il me semble qu’il serait bon que les « extérieurs » soient des « vrais extérieurs » ce qui est loin d’être toujours le cas ( même lors des soutenances de thèse où là aussi en théorie, il y a un nombre minimum de « membres extérieurs »…). Pour le prix Nobel, je le concède, c’est irréaliste, autant se limiter à un extérieur qui a fait sa preuve dans son domaine. Alors, ce rendez-vous avec M. le Secrétaire d’Etat 😉 ?

  4. Cadoudal dit :

    Pardonnez moi, je ne vous avais pas bien lu et n’avais pas vu que cette suggestion de l’interdiction du primo-recrutement local figurait en tête de vos propositions.

    Quant aux possibles contournements de cette règle par « échange » de candidats locaux entre facs consanguines, c’est vrai que c’est possible. Mais je pense sincèrement que ce serait une situation bien moins fréquente que le recrutement local inconditionnel qui actuellement sévit sur tout le territoire. Globalement, il me semble plus difficile d’imposer un candidat « foireux » à une autre fac que la sienne, en tout cas bien plus que de le faire recruter dans sa fac d’origine.

    Je veux dire que, pour avoir siégé assez fréquemment dans des comités de sélection (et avant cela, dans des commissions de spé.) en tant que membre local ou extérieur, ce qui fait la météo d’un classement, c’est surtout, assez naturellement, la volonté de la fac qui recrute. Les extérieurs se « couchent » généralement parce qu’ils pensent qu’ils ne sont sans doute pas les plus à même de déterminer les besoins réels de cette fac qui recrute. Il ne s’agit pas forcément pour le membre extérieur d’avaler son chapeau et de laisser les gens du cru, par complaisance, lâcheté ou attente d’un hypothétique renvoi d’ascenseur, commettre les plus infâmes copineries mais tout simplement d’admettre que, quand on vient d’ailleurs, qu’on ne connaît que partiellement la structure qui recrute et ses besoins réels, qu’on ne connaît pas la dynamique humaine propre à l’équipe qui va accueillir le recruté, on finit assez fréquemment par s’en remettre à l’opinion des collègues locaux qui sont censés connaître et comprendre tout ça bien mieux. Ca me semble, sinon inévitable, en tout cas logique.

    Dès lors, il me semble qu’interdire le primo-recrutement local contrecarrerait assez naturellement cette tendance : siégeant dans un comité de sélection comme membre local, je regarderai forcément avec plus de sévérité le dossier d’un candidat extérieur qui serait complètement loufoque, quand bien même ce candidat serait « parrainé » par quelques pontes d’une autre fac du coin. Je ne dis pas que ça empêcherait toutes les situations critiquables, mais ça obvierait sans doute les cas les plus scandaleux.

    Bref, ce principe d’interdiction du primo-recrutement local me semble aussi sain et bien plus simple que de compliquer les règles de constitution des comités de sélection. Si vous avez déjà assuré des fonctions vous amenant à devoir constituer des comités de sélection dans une petite ou moyenne fac en province, vous saurez à quel point c’est déjà TRES compliqué de le faire avec les règles actuelles. A mon avis ce serait suicidaire d’en rajouter une couche.

    • Montesquiou dit :

      « mais tout simplement d’admettre que, quand on vient d’ailleurs, qu’on ne connaît que partiellement la structure qui recrute et ses besoins réels, qu’on ne connaît pas la dynamique humaine propre à l’équipe qui va accueillir le recruté, on finit assez fréquemment par s’en remettre à l’opinion des collègues locaux qui sont censés connaître et comprendre tout ça bien mieux ». Mince, moi qui croyait qu’un comité de sélection effectuait une sélection des candidats en fonction, d’une part, d’une fiche de poste définissant le profil du poste (enseignements et recherche), accessible à tous les membres du comité pour apprécier l’adéquation des candidatures, et les mérites scientifiques des candidats. Je pensais également qu’un universitaire pouvait faire mieux que cela, avoir un minimum d’indépendance et lire simplement les dossiers qui lui sont remis pour faire autre chose que de pondre un rapport où il va indiquer : « le profil du candidat n’est pas en adéquation avec le profil du poste » (= donc : je ne connais pas la dynamique humaine donc j’écris ce que mes collègues me disent, sinon fini les invitations dans les comités de sélection et les petits gueuletons).
      A vous lire, ce qui importe, c’est la dynamique humaine. Ah oui, c’est vrai, les universitaires sont de drôles de zèbres et l’idée de travailler avec un collègue qu’ils ne connaissent pas déjà leur est insupportable, surtout s’ils ne l’ont pas eux mêmes formaté. Pas facile dans ces conditions de procéder à des échanges intellectuels en dehors d’un entre-soi.

      • Cadoudal dit :

        La fiche de poste exprime les besoins au jour du recrutement et ceux-ci peuvent être amenés à évoluer dans le futur. Cela, les locaux, qui connaissent l’institution de recrutement et sa dynamique d’évolution possible, le comprennent mieux que les extérieurs.

        Quant au « mérite scientifique », il compte bien évidemment (si si, je vous assure que je lis les dossiers des candidats) mais vous savez comme moi que l’on ne peut pas objectiver le niveau d’un dossier au point de pouvoir y mettre une note sur 20 et laisser excel simplement faire un classement entre les candidats. Les juristes me font d’ailleurs un peu rire, avec cette obsession du « mérite scientifique » qu’ils répètent comme un mantra sachant que :
        1° – L’accord de publication dans les revues juridiques françaises « de référence » ne répond à aucun des standards d’acceptation propre aux revues de sciences dures ou même de nombreuses disciplines des SHS (not. évaluation en aveugle par deux rapporteurs)
        2° – Que ces revues ne sont pas non plus classées et que cela empêche de faire, comme on le fait dans d’autres disciplines « scientifiques », un « calcul » de la valeur du dossier du candidat qui fait état de publications dans ces revues.
        Je ne dis d’ailleurs pas qu’il faudrait abandonner le droit corps et âme à ce modèle international (qui est également critiquable par bien des aspects) mais le « flou artistique » des juristes français sur la manière de réguler l’accès à la publication et de concevoir ses modalités d’évaluation me semble compromettre au moins en partie la pertinence de cet argument du « mérite scientifique » pour apprécier la valeur d’un dossier. Mais bref, c’est un autre débat.

        Je voulais juste souligner que dans cet interstice entre deux ou plusieurs dossiers de « mérite scientifique » équivalent ou proche (gageons donc qu’on puisse poser un tel axiome), la question de la dynamique humaine s’insère et, ne vous en déplaise, elle compte évidemment lors d’un recrutement, surtout quand on recrute pour une petite équipe. Ca vous paraît étrange, mon cher Montesquiou ? C’est pourtant un critère considéré comme totalement valable pour la majorité des recruteurs de ce pays (je veux dire : dans le privé. Ouh, mon Dieu, j’ai dit un gros mot ! J’ai parlé du privé…) et oui, j’en suis navré, on ne peut pas faire totalement abstraction de cet aspect quand on choisit un collègue qu’on recrute à vie.

        Quant à ces petites prébendes et à ces bacchanales que vous décrivez comme la motivation essentielle pour aller siéger dans les comités de sélection comme membre extérieur, vous me faites rire… La dernière fois que j’ai siégé dans un comité de sélection comme membre extérieur, en guise de « petit gueuleton », j’ai touché un plateau-repas froid du crous (d’ailleurs pas si mauvais, ma foi). Même si l’on ajoute à cela qu’un collègue a payé sa clope après le déjeuner, ce n’était quand même pas Byzance.

        Autre exemple qui illustrera la totalité de mon propos. Voilà quelques années je me suis rendu à l’autre bout de la France pour une « commission de spé’  » (comme on disait alors) comme membre extérieur et, ayant dû partir la veille pour être présent à 9 h 30 au début des auditions, j’ai passé la soirée dans mon hôtel seul comme un rat (je veux dire : aucun collègue ne m’a fait l’honneur de m’accueillir chaleureusement sur le quai de la gare et de me faire visiter la ville). J’ai dû payer de ma poche les tickets de transports en commun entre la gare et l’hôtel, puis entre l’hôtel et la fac le lendemain matin et enfin, le soir, entre la fac et la gare pour repartir. De plus, pour une absurde raison administrative que je ne prendrai pas la peine d’expliquer, la nuitée d’hôtel a été prise en charge mais pas le dîner que j’ai également pris seul comme un rat dans une quelconque pizzeria. Pour les sympathiques « petits gueuletons », on repassera…
        Le jour de l’audition, nous avons passé plus de deux heures à délibérer sur les deux candidats qui émergeaient en tête à la fin de la session d’audition. Deux dossiers « scientifiquement méritants » (j’ose espérer que, mon cher Montesquiou, vous serez ravi de cette précision) et, je le signale d’ailleurs, AUCUN N’ETAIT LOCAL. J’avais ma préférence pour l’un, les membres locaux pour l’autre au nom d’une supposée « meilleure capacité d’intégration dans l’équipe » liée, incontestablement, à des critères assez subjectifs. Après trois ou quatre tours de vote avec égalité parfaite entre lesquels s’intercalaient des débats parfois tendus, je me suis rangé à l’avis des membres locaux en me disant que je ne pouvais pas continuer à vouloir leur imposer une personne avec laquelle ils n’avaient apparemment pas envie de travailler. D’ailleurs, les autres membres de la commission qui partageaient mon avis initialement ont fait comme moi. Voilà l’histoire.
        Et vous savez quoi ? Comme nous avions passé beaucoup plus de temps que prévu à délibérer, j’ai raté le train que je devais prendre au départ de cette si accueillante cité. J’ai donc dû attendre le suivant et, ayant le mauvais goût de vivre et exercer en province, ce retard m’a aussi fait manquer la dernière correspondance parisienne qui devait me ramener chez moi (fichu réseau en étoile !). Moralité, j’ai passé la nuit sur le canapé d’un parent habitant à Paris (qui m’a heureusement fait manger à l’oeil…). Ajoutez à cela un ou deux cafés pris sur le zinc d’un rade louche avec une bière et un jambon-beurre et vous avez le bilan : Deux à trois jours et environ 50 euros de perdus. Super !!!

        Bref, au plan de la convivialité, de l’accueil et du confort, j’ai connu mieux que les comités de sélection. Certains sont plus agréables que d’autres, mais quand même on n’y va pas pour le coup de fourchette ou le confort des hôtels.

        Par ailleurs, je rappelle que :
        1° – Ces fonctions ne donnent lieu à aucune rétribution. En d’autres termes, sachant qu’elles ne « rapportent rien » sinon le plaisir de lire des thèses parfois stimulantes mais aussi parfois sans intérêt, ainsi que de se lever par deux fois à l’aube pour prendre le 1er train et rentrer à l’heure du journal du soir sur France 3, j’ai du mal à les trouver véritablement plaisantes ;
        2° – C’est un temps passé à ne pas écrire des papiers pour alimenter son plan de carrière ou, si l’on préfère ce hobby là, faire des heures de cours pour toucher des heures comp’.

        Bref, ces dernières années, j’ai plutôt tendance à refuser qu’à accepter d’aller siéger dans ces comités de sélection. Le prestige de ces « invitations » que vous semblez, mon cher Montesquiou, décrire comme assez prisées me semble pourtant un peu fané. Je préfère les invitations à des colloques, mais j’en reçois malheureusement moins souvent… (Tiens, à ce propos : encore une pratique « non scientifique » des juristes : en sciences, on n’invite pas les gens à des colloques, ils candidatent pour venir présenter leurs recherches et cette candidature est examinée par un comité scientifique sur la base d’un abstract soumis par le candidat.)

        • Montesquiou dit :

          Comme pour tout concours, les conditions en sont fixées lors de la publication des postes. La fiche de poste, telle qu’elle a été publiée et telle qu’elle résulte de décisions prises antérieurement par l’un des conseils de l’établissement, est le seul élément à prendre en considération par le comité de sélection. Si les besoins de l’établissement doivent évoluer, ils pourront être pris en compte lors d’un prochain recrutement. Les décisions du CE sont claires à cet égard : le comité de sélection ne peut prendre en compte que la fiche de poste, établie en principe en fonction des besoins de l’établissement. Si le comité ne le fait pas, la décision prise pourra être annulée.
          Au demeurant, il m’apparaît difficile de prendre en compte des besoins indéterminés et futurs de l’établissement, car non précisés dans la fiche de poste. En outre, ce n’est pas au comité de sélection qu’il revient de dresser les fiches de poste mais uniquement de procéder au recrutement en fonction de ladite fiche. Du coup, je ne vois pas en quoi les extérieurs sont moins fondés que les locaux à statuer sur la décision à prendre ou alors passons nous des locaux, ce qui fera gagner du temps.
          Quant à l’obsession du mérite scientifique, il ne s’agît pas d’une obsession de juriste mais uniquement d’une exigence propre à tous les comités de sélection Il suffit de lire le guide de fonctionnement du comité de sélection (le nouveau, d’août 2015, est en ligne : https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/pdf/comite_selection/guideCOMSEC2015.pdf) pour s’en rendre compte.
          Je m’étonne qu’après avoir fait partie de comités de sélection, vous ne saviez pas qu’il fallait s’en tenir à la fiche de poste pour apprécier les candidatures et qu’entre les candidats dont le profil cadre avec la fiche de poste, les mérites scientifiques doivent permettre d’aboutir à un classement.
          Quant aux revues des juristes, elles ne sont pas moins méritantes que bien d’autres revues scientifiques où les comités de lecture sont parfois factices.
          Pour ce qui du vote que vous racontez, il ne peut y avoir d’égalité parfaite dès lors que le président du comité de sélection a voix prépondérante (article 9-2 du décret de 84, mince, c’est du droit !). Vous n’auriez pas dû rater votre train !

          • Cadoudal dit :

            Les présidents de comités de sélection, parfois, refusent de faire produire effet à leur voix prépondérante et souhaitent qu’un consensus ou au moins une majorité nette ressorte des discussions. Les textes Vs. la pratique…

            Les revues juridiques ne sont certes pas moins méritantes que bien des revues scientifiques, tout comme le droit n’est pas une discipline moins méritante que d’autres, de même que, en droit aussi, des candidats peuvent être plus ou moins méritants que d’autres. En revanche je conteste qu’on puisse objectiver ce mérite au point de pouvoir le qualifier de « scientifique ». Ex. : les conditions de la qualif. dans les disciplines scientifiques sont apparemment assez transparentes : il faut tant de publis dans tant de revues classées à tel rang, en figurant à telle place parmi les signataires de ces papiers (avec, j’en conviens, ce que cela peut avoir d’artificiel parfois). Chez nous, c’est contingent et les critères semblent assez obscurs (ne me dites pas que vous n’en avez jamais entendu parler). Bref, je ne dis pas que tous les dossiers se valent mais que, chez les juristes, la notion de « mérite » me semble une chose plus difficile à cerner et qu’elle est susceptible de divergences d’appréciation importantes selon l’examinateur.

            Par ailleurs, il est probablement exact que certaines revues scientifiques aient des comités de lecture factices mais les revues juridiques françaises, dans l’ensemble, n’en ont pas du tout. Que vaut-il mieux ? Et, pour le reste, bien des revues scientifiques ont des comité de lecture tout à fait réels et plus regardants sur la qualité des papiers soumis que sur le pedigree de leur auteur. J’ai le bonheur de partager la vie d’une collègue scientifique (aucune ironie !) et j’entends souvent parler de ce que cela implique concrètement pour elle mais aussi de la perplexité (pour rester modéré) que notre système, à nous juristes français (ou plutôt notre absence de système), suscite chez nos collègues de sciences. Quoique, je le répète, je n’affirme pas que leurs procédés soient foncièrement justes et bons et les nôtres intrinsèquement mauvais.

            Mais je ne sais si c’est ici le lieu pour entrer dans de tels débats épistémologiques donc je passe.

            Quant aux recours en cas de déviation entre le recrutement et la fiche de poste, ils sont bien sûr possibles mais, sauf situation vraiment scandaleuse (que les comités de sélection évitent quand même, je crois), je ne connais guère de candidat prêt à prendre le risque de se mettre à dos un potentiel employeur en faisant preuve, avant même son recrutement, d’une volonté de perturber la quiétude des habitudes universitaires. Encore une fois : les textes Vs. la pratique. De toute façon, je pense que l’entre-soi que vous dénoncez (à raison) ne peut être obvié avec des fiches de postes : on connaît très bien la pratique consistant tout simplement à rédiger la fiche de poste pour qu’elle corresponde au profil de l’individu (généralement local) qu’on veut recruter.

            Par conséquent, et c’était le sens de mon propos initialement, seule l’interdiction simple, ferme et inconditionnelle du recrutement local (que certaines sections ont déjà spontanément mise en place) fera obstacle à cette consanguinité. Ne comptez pas sur les extérieurs des comités pour faire le ménage, entre autres raisons pour celles que j’évoquais. Mais en définitive, vous avez raison : si l’on interdit le recrutement local, on pourra sans doute se passer de cette fausse caution morale que sont les extérieurs dans les comités. Ca fera économiser beaucoup de temps à beaucoup de collègues ainsi que des sous aux universités.

            • Montesquiou dit :

              Les comités de sélection n’évitent pas les situations scandaleuses (pas plus d’ailleurs que les CAC et les CA) et je déplore que des MCF participent à ce jeu là pour éviter de perdre une chance de bénéficier d’une promotion (hors classe ou qualif. aux fonctions de professeur). Dans l’un des comités de sélection auquel j’ai participé, un des candidats se démarquait plus que les autres et son profil correspondait à la fiche de poste. Le seul problème : ledit candidat était déjà MCF et demandait sa mutation. Levée de boucliers des professeurs de l’extérieur : ah, non, pas de mutation, s’il veut partir, c’est qu’il pose des problèmes dans son université (et oui, les mutations pour les profs, c’est normal, les mutations pour les MCF, c’est anormal). Pour ma part, j’ai voté pour son recrutement et j’ai maintenu ma position jusqu’au bout. Il n’a pas été recruté (bon, il est vrai que lesdits prof. connaissaient l’un des autres candidats et qu’il faut bien rendre la pareille). Depuis ce vote, je n’ai plus jamais été sollicité pour faire partie d’un comité de sélection (« vous vous rendez compte, il n’est que MCF et tient tête à des profs » dixit un autre MCF, membre dudit jury également).
              Quant aux recours, ils existent mais sont rares car effectivement, les « révolutionnaires » (donc, au sens d’un universitaire, une personne qui réclame le respect des règles de droit) ne sont pas les bienvenus à l’université (surtout, ne pas sortir du rang, cela fait désordre).
              Pour ma part, je ne trouve pas anormal de recruter un local à partir du moment où son dossier est équivalent ou meilleur que celui d’un non-local. Pourquoi imposer la délocalisation des candidats lorsque le problème ne vient pas des candidats mais des membres (MCF et profs) des comités de sélection qui ne respectent pas les règles du jeu, les règles de droit ?

  5. justinien dit :

    Je remarque que la question pertinente de Miroslav a été savamment éludée. Qu’en est-il de la constitution d’un syndicat et d’une action collective auprès du MESR? Si la chose se faisait, l’agrégation n’y survivrait pas. La vérité est là : les MCF, doctorants ou autres en sont-ils capables?

    • Cadoudal dit :

      Concernant une action collective structurée, pourquoi pas. Mais il faut avant cela s’assurer d’un soutien général de la base, sinon c’est voué à l’échec. Donc, commençons déjà par signer massivement la pétition pour la suppression de l’agrégation du supérieur (http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N20740). Pour l’instant, les juristes, derniers à être encore vraiment concernés par l’agrégation (avec les 04, je crois), ne sont pas très nombreux à l’avoir fait j’ai l’impression : j’ai principalement vu des économistes dans la liste des signataires. Pourtant, ça permet au moins de se compter au départ de toute action collective, ce qui en constitue un réquisit je pense.

  6. Mars 46 dit :

    Ce n’est qu’une question de temps avant que les MCF ne s’organisent contre l’agrégation. Ce blog est déjà le signe que les temps ont changé. La diminution des postes à l’agrég est un autre signe.
    Mon intuition est que la chute de l’agrégation est imminente.
    C’est vrai que beaucoup de MCF des Facultés de droit manquent de courage : ils s’écrasent. Nous en connaissons tous qui n’osaient pas critiquer l’agrég, mais qui furent les premiers à demander un 46-3, comme les résistants… de mars 46 justement. Mais nous en connaissons tous aussi qui commencent à l’ouvrir au moins dans les couloirs. C’est un début : ils progressent à leur rythme. En fait, ils attendent de voir si le système pourrait encore les rétribuer de leur obéissance. C’est évidemment idiot, puisque le système défèque sur eux. Mais ils y croient encore. Quand il sera évident que l’agrég est foutue, ils retourneront tous leur veste. Certains iront même jusqu’à jouer les engagés, les indignés, les résistants de toujours. Inutile d’épiloguer, c’est la nature humaine. On ne se bat pas ici pour la changer, mais seulement pour supprimer une institution, ce qui est différent.
    Quoiqu’il en soit, à la vitesse où vont les choses, je ne parierai plus un euro sur la survie de l’agrég à quelques années.

  7. agrégé dit :

    Mars 46 : « quoi qu’il en soit » et non « quoiqu’il en soit ».
    (signé : un agrégé des facultés de droit, qui lui, ne commet pas cette faute)

    • Mars 46 dit :

      « Quoiqu’il en soit » est d’usage pour signifier « malgré cela ».
      « Quoi qu’il en soit » est d’usage pour signifier « en tout état de cause ».
      Le charme de la nuance éclot sous la complexité…

    • Anselme dit :

      Tel est pris qui croyait prendre ! Si la fierté d’un agrégé repose sur sa pratique de l’orthographe, cela offre un témoignage utile de ce que l’on reproche au concours : permettre à de jeunes premiers (30 ans quand on n’est jamais sorti de l’école, c’est une sorte de puberté) de s’imposer au regard d’un statut qui, dans d’autres disciplines, exige au moins de la maturité. « Moi j’ai bon, moi je sais écrire « nonobstant », « irréfragable » et je ne dis pas « malgré que », c’est évidemment très bien (félicitations), mais cela ne fait pas un universitaire capable… Dans un métier où vies professionnelle et personnelle sont particulièrement liées, les années d’expérience comptent, apportent du recul, une patine, qui sont autant d’enrichissements pour la recherche. Il y a un jour où il faut cesser d’avoir une mentalité de premier de la classe, d’élève doué, et se comporter en maître ! Circonspection (sans x), humilité (avec un h), hauteur (là aussi avec un h) de vue…

      • Cadoudal dit :

        Certes, quoiqu’en cette espèce (notez bien que l’usage de ce « quoique » univerbé est ici tout à fait approprié, je pense) il se pourrait que notre premier de la classe doive son classement davantage à sa moyenne en maths qu’à celle de français. Il faut dire que les maths c’est plus utile que le français pour calculer ses notes d’honoraires quand on exerce dans les cab’ parisiens ! Ceci dit, rien n’est perdu pour lui : beaucoup de facs de province offrent accès à la certification « Voltaire », il pourra peut-être s’inscrire aux séances de préparation et améliorer son score.

        Et si notre petit génie a, de surcroît, obtenu un bon score au TOEIC, il pourra même aller professer à Harvard ou à Cambridge. Je suis convaincu que, nanti de sa belle agrégation toute fraiche, il y est attendu comme le messie.

        Bon allez, j’arrête de moquer ce fat : c’est trop facile de tirer sur les ambulances ! Son ânerie est d’ailleurs tellement énorme que j’en viens à me demander si ce n’est pas un petit plaisantin qui l’aurait fait exprès pour amuser la galerie (j’ai connu un ou deux agrégés très drôles. J’ignore si ça fait partie des conditions d’obtention du concours mais il y a des agrégés vraiment rigolos, je vous l’assure).

        • Monsieur le Professeur dit :

          Moi, pour être honnête, le concours et son obtention, je ne les dois pas à mon orthographe (je suis faillible mais au moins je connais le différence entre quoique et quoi que ce qui n’est pas le cas de tout le monde). Je dirais plutôt que l’obtention de l’agreg est due à mon physique. Je n’ai aucun talent, aucune intelligence. Je ne suis pas malin, mauvais à l’oral et en général j’écris de la daube. J’ai préparé ce concours en une heure (et non des centaines d’heures). Cela avait déjà été le cas lors de mon recrutement précédent en tant que MCF. C’était à la maison et la présidente du comité de sélection fantasmait à mort sur moi et mon physique incroyable, la classe de mes costards, mon sourire taquin, ce charme discret qui se dégageait (et se dégage) de ma personne, ce mélange de virilité, de sex appeal et de douceur qui fait littéralement fondre. A l’agrégation, je n’ai eu qu’à sourire. Cela m’a valu un très bon classement. Je suis passé ainsi devant une palanquée de MCF talentueux mais très laids, pas dégrossis, limite venus dans le 5ème arrondissement en sabots ou en bottes. Avec mes amis parisiens, on rigolait bien de voir tous ces types de provinces intelligents mais sans savoir-être, ces garçons vaincus d’avance en raison de leur appartenance à la province profonde et incapables de s’émanciper de tous leurs déterminismes socio-culturels, ceux-là mêmes qui les condamneront toujours à l’agrégation, mais aussi plus généralement pour tout autre type de concours un peu prestigieux (et dans la vie en général), ceux-là mêmes qui n’auraient jamais pu être universitaires s’il n’y avait pas eu un poste gardé au chaud à la maison tout exprès pour eux. En amphi, cela recommence, je suis une sorte de star. Les filles tombes en pâmoison à mon approche, les garçons voudraient me ressembler. J’oblige tout mes interlocuteurs à me donner du « Monsieur le professeur », cela va de soi. Sous ma signature de mail, j’ai inscrit « agrégé des facultés de droit ». J’embrasse mon miroir quand je me regarde devant. Au quotidien, je n’ai aucun autre sujet de conversation que le concours ou le récit de ma leçon de 24 heures

          • Miroslav Krleža dit :

            Cher Monsieur le professeur, vous avez de l’humour et le sens de l’autodérision et j’ai bien ri à la lecture de votre post! Néanmoins dans toute blague, dans tout écrit ironique, il y a toujours une part de vérité. Personne ne doute de votre travail et de votre « bachotage » avant la réussite de votre agrégation. Mais cette agrégation est-elle pour autant juste et équitable? Est-ce qu’elle correspond aux critères des concours républicains? Concernant « la classe du costard et le sourire taquin » lorsque l’on assiste à une réunion d’information on peut se demander s’il s’agit bien d’un concours de recrutement de futur enseignant-chercheur ou d’un défilé de mode pour Lacroix ou Gucci… Pour les déterminismes socio-culturels, il est évident que ceux qui passent le concours à la maison n’ont pas besoin de s’émanciper puisqu’ils sont tombés dans la potion magique depuis le master! Cher agrégé, quasi-dieu sur terre, vous avez, je n’en doute pas du talent et de l’intelligence et cela ne doit pas vous empêcher de garder un esprit critique lequel, je vous rassure, ne sera pas nuisible à votre capacité de manier la dérision et l’ironie !

    • Cadoudal dit :

      C’est noté. Je suggère, dès lors, que soit inscrite, parmi les missions fondamentales des agrégés des facultés de droit, la charge d’assurer ces enseignements de remédiation en orthographe proposés de plus en plus souvent aux étudiants de licence 1 droit. Leur maîtrise sans pareil (d’ailleurs, ne doit-on pas accorder et écrire « sans pareille » ? Merci d’avance à l’agrégé des facultés de droit-correcteur en service à cette heure d’accomplir son office) des pièges de l’orthographe et de la syntaxe alliée leur légendaire éloquence nous produiront sans aucun doute des légions d’académiciens !

  8. Montesquiou dit :

    La liste des membres nommés du CNU est publiée : https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/pdf/CNU/Nominations_CNU_2015/Nominations_Suppleants_B_CNU_2015.pdf et https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/pdf/CNU/Nominations_CNU_2015/Nominations_Titulaires_College_A_CNU2015.pdf). Il y a des choix qui ne semblent pas aller dans le sens de la suppression de l’agrégation :
    – Daniel Mainguy, fervent défenseur de l’agrégation (http://www.daniel-mainguy.fr/article-pour-des-pu-pj-113601352.html) ;
    – Emmanuel Putman : a participé à l’un des récents concours d’agrégation. A priori, plutôt favorable au maintien du concours ;
    – Isabelle Dauriac : faisait partie du précédent CNU, tout comme E. Putman. A priori, plutôt au favorable au maintien du concours ;
    – David Chilstein : ?;
    – Georges Decocq : sauf erreur, a participé au précédent CNU, guère favorable à la suppression du concours ;
    – Bruno Dondero : ?.
    Quant au président de la section 01, il s’agît de France Drummond (https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/pdf/CNU/Elections_CNU_2015/Composition_bureaux_de_section.pdf). Ne serait-ce pas la première fois qu’une femme est présidente de la section 01 ? Si tel est le cas, c’est une très bonne chose. Cela ne changera sans doute pas le taux de 8% de l’an dernier.

  9. Monsieur le professeur dit :

    Je croyais qu’il n’y avait pas le droit sur ce blog de mettre en cause des personnes, qui plus est pratiquer le délit d’opinion?

    • Monsieur le professeur, un délit, que de soutenir l’agrégation? C’est vous qui le dites.
      Le commentaire de Montesquiou nous semble acceptable, en ce qu’il se borne à donner des faits. Nous copions par exemple les listes des lauréats lorsqu’elles sont publiées: ce sont bien des données nominatives. Nous ne sommes pas dans le même registre que certains commentaires, que nous n’acceptons pas, du type « untel n’a certainement été agrégé qu’en raison de, etc. ». Rappeler une position défendue dans un article, ou la qualité de membre du CNU sortant, et en déduire une possible faveur à l’égard de l’agrégation, cela est différent.
      Mais si les personnes visées veulent faire savoir au monde qu’elles tiennent le 46-1 comme un mode de recrutement au moins équivalent à l’agrégation, nous serons évidemment très heureux de les publier dans nos colonnes!

      • Monsieur le Professeur dit :

        Dans ce cas, pourquoi le post est-il à ce point émaillé de « à priori »???Vous ne connaissez pas avec certitude les opinions fondées de ces personnes sur le concours. Vous spéculez totalement. A mon sens. Et je ne vois pas comment vous ne pourriez pas être d’accord avec moi. Il faut dire que je suis personnellement agrégé des facultés de droit. Je ne peux avoir tort. Blague à part, ce n’est pas la bonne foi qui vous étouffe… Je dis cela, je ne dis rien.. mais tout de même!

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