Rapport 2015 CNU 02

Le rapport 2015 de la section 02 du CNU devrait bientôt être en ligne, en principe ici.

Nous vous en livrons deux éléments assez intéressants en avant-première.

  • La section, p. 22, compte les qualifiés par origine géographique des sessions 2012 à 2015. Paris I et Paris II fournissent 72 docteurs pour les 207 qualifiés. Ces deux universités ensemble pèseraient donc un gros tiers, pour la production de thèses de qualité…
    • Pourquoi les résultats de l’agreg sont-ils si éloignés de cette proportion ?
  • Le CNU compte, p. 25 de son rapport « trois voies principales » d’accès au corps professoral, et estime que « cela pose évidemment un problème de cohérence dans la gestion par le CNU de l’accès au corps des professeurs, d’autant que nombre de candidats au titre du 46 1° ont déjà été candidats, sans succès, dans un passé récent au titre du 46 3° ou à l’agrégation, externe ou interne (désormais supprimée), qui demeure la voie normale d’accès au corps des professeurs« .
    • Que vient faire ici la mention de l’échec à l’agrégation? Si les voies sont différentes, c’est bien pour que des profils divers puissent accéder au corps des professeurs, n’est-ce pas?
    • Que signifie cette « voie normale »? Il me semble que, si l’on considère l’université dans son ensemble, la voie normale est celle du 46 1°, l’agrégation n’est qu’une anomalie… Et quelle légitimité a le rédacteur du rapport pour insérer une telle formule? Il ne semble pas qu’il s’agisse là d’une motion qui aurait été adoptée par le CNU…

 

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Publié dans Au jour le jour...
9 comments on “Rapport 2015 CNU 02
  1. Montesquiou dit :

    A comparer avec cet extrait de la profession de foi d’une certaine liste pour le CNU : « Continuer à exercer la même vigilance pour ce qui concerne l’admission à l’emploi de
    professeur pour les maîtres de conférences qui était à l’œuvre pour la voie dite « longue » (art. 46, 3° du décret du 6 juin 1984) et étendre cette vigilance dans le cadre de la « nouvelle » procédure de recrutement des professeurs (art. 46 1° du décret du 6 juin 1984) de façon à conserver au concours d’agrégation la place que veulent lui dénier, pour de mauvaises raisons, les présidents d’université et à garantir la légitimité de cette nouvelle voie d’accès au corps de professeurs des universités, en droit comme dans les autres disciplines ».
    Pour « conserver au concours d’agrégation… » la place qu’il mérite, il faut, comme l’année dernière, que les sections de droit soient celles qui qualifient le moins possible. Et, a priori, le site « suppressionagregation » n’est qu’une extension du site de la CPU !

  2. Tim dit :

    Le rapport du président du jury d’agrégation 04 peut être consulté ici : http://www.afsp.info/omasp/agregation/rapportagreg20142015.pdf

    • Ce rapport est amusant. L’auteur explique que l’agrégation va mal, qu’elle est délégitimée et que c’est en grande partie mérité. Mais il explique qu’il faut la sauver, parce que, quand même, l’agrégation, c’est bien…
      Nous reviendrons sous peu sur ce rapport.

  3. POC dit :

    Le rapport de la section 02 est d’ores et déjà consultable à cette adresse : http://www.chezfoucart.com/MTD/CNU2015.pdf
    C’est étonnant cette obsession de l’agrégation qui transparaît à la plupart des rubriques. Pour le coup, même si vous trouvez le rapport du président du jury de l’agrégation de sciences politiques amusant, je lui trouve le mérite de prendre un recul que les publicistes ont du mal à prendre. 21 postes en droit public cette fois-ci… Fluctuat nec mergitur ?

  4. Montesquiou dit :

    Comment faut-il comprendre cette phrase : « Cette précipitation s’est en premier lieu avérée préjudiciable aux candidats eux- mêmes, mal informés des conditions de recevabilité (25% des candidatures ont été irrecevables), qui ont adressé à la section 02 des dossiers constitués trop rapidement, sans réflexion sur la nature de la procédure ». Ah oui, les MCF sont des abrutis qui ne savent même pas constituer un dossier.

  5. Montesquiou dit :

    Tout aussi intéressant : « Que la voie du 46 1° ne saurait être conçue ni comme une voie d’accès au corps des PR destinée à se substituer au concours d’agrégation, qui demeure la voie d’accès normale, ni comme une voie d’accès au corps des PR répondant à des exigences scientifiques « au rabais » » = ce n’est pas parce que le ministère a décidé d’une chose attendue depuis longtemps par les MCF, que nous grands professeurs, nous allons en tenir compte.

  6. Montesquiou dit :

    Egalement, « Le doctorat d’Etat est admis en équivalence à l’HDR (art. 2 de l’arrêté). Rappelons que le doctorat « nouveau régime », institué en 1984, ne vaut pas doctorat d’Etat … » les … sont du CNU. Mais non, MCF, vous n’êtes pas bête. Il faut quand même vous expliquez que depuis 1984, les choses ont un peu changé. Heureusement que nous sommes là…

  7. Montesquiou dit :

    A lire, dans un rapport pas si ancien que cela une appréciation sur la section 02 du CNU (http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2013/07/2/2013-089_rapport_GRH-EC_300072.pdf) : « L’explication de ces chiffres est à rechercher dans la sévérité du jugement porté par la section 02 sur les candidats à la voie longue. En effet, la section de droit public insiste sur la particularité du recrutement de professeurs au titre du 3°) de l’article 46 du décret du 6 juin 1984 dans la mesure où il existe «un concours d’agrégation [qui] est la voie principale de recrutement dans le corps des professeurs de droit ». Aussi considère-t-elle que « la procédure de l’article 46-3 ne saurait être vue comme une procédure d’appel ou de « rattrapage » après un échec au concours d’agrégation». Dans la mesure où il est systématiquement demandé aux candidats de «décrire avec précision leur parcours universitaire et, notamment, à mentionner s’ils ont été candidats à des concours d’agrégation, externe et/ou interne », il est légitime de s’interroger sur les chances de qualification des candidats qui répondent par l’affirmative.
    Pour la section de droit public « l’aptitude du candidat maître de conférences à être qualifié professeur doit faire l’objet d’une appréciation globale prenant en compte ses publications scientifiques et son investissement dans l’université en sa qualité de maître de conférences », la section regrettant « que cette double exigence [ne soit] pas toujours perçue par les instances locales et par les candidats eux-mêmes ». La section examine les travaux des candidats retenus par l’université, et en cas d’avis réservé, les « travaux antérieurs à la maîtrise de conférence […] – particulièrement de la thèse ». Elle examine ensuite l’activité au sein de l’université (les « responsabilités scientifiques », les « activités et responsabilités pédagogiques » et enfin les « responsabilités collectives ») puis donne un avis qui, s’il est négatif, interdit le recrutement du candidat proposé par l’université.
    Dans les faits, de par l’exigence des critères posés, c’est à une réduction extrêmement sensible des possibilités de promotion à la « voie longue » à laquelle est arrivée la section de droit public. Le faible nombre des candidats proposés par les universités en regard du nombre de postes ouverts est, à cet égard, révélateur ».
    Mais aussi :  »
    Ainsi, comment justifier qu’une section explique ses taux de qualification très bas par le fait que les mentions très honorable ou les félicitations du jury à l’unanimité, qui ont été accordées aux thèses des candidats, sont bradées, alors que, pour une autre section, ces mêmes appréciations traduisent a priori une thèse de qualité ? Comment justifier qu’une section puisse ne pas prendre en compte les activités d’enseignement, alors que pour une autre, il s’agira d’un élément important de son appréciation, à égalité avec la recherche ? Comment enfin justifier qu’une section puisse décider, de son seul chef, qu’une voie de recrutement légalement ouverte est, dans les faits, très fortement réduite ?
    Les candidats à la qualification, qui pourtant présentent presque tous dans leur dossier une thèse ou une HDR jugée excellente par l’université, n’abordent pas leur passage devant le CNU avec les mêmes chances. Pour certains, l’examen de leur dossier constituera pratiquement une formalité alors que, pour d’autres, il s’agira quasiment d’un concours.
    Cette situation, sauf à considérer que les candidats de certaines disciplines sont systématiquement moins bons que ceux d’autres disciplines, constitue pour les candidats un véritable facteur d’inégalité. En outre, elle aboutit, pour certaines sections, à priver de fait les universités de véritable liberté de choix dans leurs recrutements. Elle conduit, dans les sections à faible taux de qualification, à une véritable censure du jugement porté par les universités, qui se retrouvent ne pouvoir choisir leurs futurs maîtres de conférences ou professeurs que parmi un nombre très restreint de personnes qualifiées.
    Le CNU doit garantir l’égalité de tous les candidats dont il examine le dossier de qualification, indépendamment de la discipline à laquelle ils appartiennent. Il doit, lors de cet examen, exercer un contrôle minimum50, au sens juridique du terme, sur la qualité des dossiers, sauf à s’ériger en censeur des jurys de thèse et de HDR et à méconnaître la liberté de choix des universités. C’est à ces seules conditions, qui ne sont pas remplies aujourd’hui, que le CNU pourra asseoir sa légitimité en répondant pleinement aux trois objectifs qui lui ont été assignés par les textes : garantir nationalement la qualité des recrutements, assurer la liberté de choix des universités et respecter l’indépendance des enseignants-chercheurs. Il reviendrait logiquement à la commission permanente du CNU (CP-CNU) de jouer ce rôle de coordination entre les sections, afin qu’émerge une véritable politique du CNU et non la simple juxtaposition actuelle de politiques des différentes sections, dont certaines sont manifestement incompatibles avec le rôle dévolu au CNU ».

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