Dictionnaire de la langue française c/ Agrégation du supérieur

A la suite de la parution d’une cascade d’articles de défense de l’agrégation, et notamment de l’article d’Olivier Beaud, nous avons reçu de nombreux courriels de réaction. Au delà de la colère, de l’indignation voire des appels à la révolte, auquel bien évidemment nous ne souscrivons pas, trop éduqués que nous sommes à rester des Gentlemen, y compris en milieu hostile, nous avons porté notre attention sur les remarques d’un de nos collègues de la section Sciences du langage. En tant que linguiste, celui-ci nous fait part de son idée, tout simplement géniale, de tirer les conséquences académiques desdites contributions à la science mondiale.

Qu’en est-il ? Voici en quelques mots un résumé de sa proposition.

Ces articles font tous grand cas du mérite. Les dithyrambes de l’agrégation reposent intégralement sur cette figure sacrée. Soit. Sur ce point, qui pourrait reprocher quoi que ce soit à leurs auteurs ?

Toutefois, la plupart de ces articles « oublient » de prendre en considération les surprenantes statistiques qui démontrent que la majorité des admis à l’agrégation étaient en lien avec le jury, et que la majorité des recalés n’avaient quant à eux aucun lien avec le jury.

Que se passe-t-il ? S’agit-il d’une omission involontaire ? Sans doute. Nous ne saurions imaginer qu’il en fût autrement. Faut-il ouvrir le front de la discussion et entamer un dialogue platonicien pour accoucher les esprits ? Non. Détrompez-vous. C’est là que serait l’erreur. Pour éviter d’entrer dans un débat épineux qui ne sert à rien sinon à ridiculiser des collègues de la classe supérieure, le mieux en la matière est d’apurer le passé et le passif préventivement.

Pour ce faire, il suffit de mettre à jour le dictionnaire !

Il faudrait à cette fin prendre lien avec les les éditions Larousse, et mettre d’urgence à la page le millésime 2016, en tirant un numéro spécial. Ultérieurement, bien entendu, l’Académie française sera également saisie de ce dossier vital.

Voici, à titre de proposition, la version prospective du Verbum « Mérite »:

Mérite, n.m. :

Au sens large :

  • Ce qui rend quelqu’un (ou sa conduite) digne d’estime, de récompense, eu égard aux difficultés surmontées : Tout le mérite de cette affaire vous revient.
  • Ensemble des qualités intellectuelles et morales particulièrement dignes d’estime : Des gens de mérite.
  • Qualité louable de quelqu’un, quelque chose ; avantage : Sa déclaration a le mérite d’être franche.

Au sein infiniment réduit des Sections 1, 2, 3 & 4 de l’Université française (à ne pas confondre avec les sections 5 à 77) :

  • Aptitude d’un Maître de conférences à nouer, entretenir et faire fructifier des liens avec les membres du jury d’un simulacre de concours en vue de supplanter les candidats anonymes et d’obtenir une promotion prématurée et préférentielle au grade de Professeur d’Université, au sein de la fonction publique française financée par le contribuable : Le thésard  du Président du jury était particulièrement méritant, je n’ai même pas eu besoin de l’écouter. En revanche, je n’ai pas lu la thèse du candidat anonyme de ce matin : il n’avait aucun mérite. 
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17 comments on “Dictionnaire de la langue française c/ Agrégation du supérieur
  1. Dark Vador dit :

    Il y a eu un concours qui a été un exemple de grosse escroquerie , il y a quelques années (tout le monde le reconnaîtra) , plusieurs blogs avait crié au scandale sauf évidemment le gentil blog de droit administratif et autres blogs complaisants du même genre …

    mais pour revenir au sujet, le scandale était remonté jusqu’au ministère

    les admis avaient des liens très étroits avec le président du jury ou des membres du jury, cela ne s’est même pas fait dans la finesse , c’était énorme , c’était scandaleux
    et je pense que ce concours en particulier ( il y en a eu bien d’autres évidemment …) a été dévastateur et fatal pour l’agrégation ,

    à ce moment-là, beaucoup de maîtres de conférences, encore naïfs, se sont rendus compte de supercherie et les langues se sont déliées.

    personnellement; je connaissais la supercherie depuis bien longtemps. De plus, par principe je n’accepte pas ni l’infantilisation de ce concours ni être jugé par des personnes dont je reconnais absolument pas les compétences .

    • X 22 - TZ4 dit :

      « Supercherie », c’est le mot.
      Mais, effectivement, la vérité commence à être connue. Là est le secret. Dîtes la vérité. Et la supercherie ne pourra plus fonctionner.
      Rien ne fait plus peur aux mandarins, et aux jeunes agrégés qui croient à leur personnage, que cela : la vérité. Ils tremblent tous devant la vérité. Voilà pourquoi ils passent leur temps à se justifier, et à s’auto-proclamer « excellents ». Ils savent. Ils savent très bien que tout ceci n’est qu’une supercherie, et que cela ne peut marcher qu’aussi longtemps que le secret est bien gardé.
      Mais c’est fini ! C’est fini ! Et il était temps !

  2. Dark Vador dit :

    Je suis du même avis que vous et je félicite l’auteur de ce blog qui est libre et ne pratique pas la censure contrairement à certains qui, à force d’idolâtrer les agrégés, ont fait beaucoup de mal au corps des maîtres de conférences ….. ces blogs se reconnaîtront, ….

    Il faut savoir qu’il y a quelques années, il était inconcevable de dire le moindre mot sur cette supercherie qui est verrouillée par les mandarins et les aspirants mandarins, surtout actuellement car ils sentent la fin approcher..

    il m’est arrivé (encore récemment) d’être dans des comités de sélection au sein desquels des mandarins ou aspirants mandarins prédisaient le rang à l’agrégation du simple candidat à la maîtrise de conférences et tout le monde trouvait cela normal et acquiesçait sauf ceux qui étaient atterrés et révulsés par ces pronostiques cyniques .

    C’était une évidence que le candidat, sans qu’il ait démontré quoi que ce soit ( à part sa thèse et un ou deux articles), soit admis à l’agrégation et que son rang soit déterminé à l’avance .

    il faut aussi savoir aussi que dans une promotion d’agrégés, on considère qu’il y a environ entre 2 à 4 personnes au maximum réellement méritantes qui sont admises car ces personnes serviront d’alibi au fameux et fumeux discours sur la méritocratie, c’est voulu et calculé. Il ne faut pas être naïfs là non plus.

    Aujourd’hui, les maîtres de conférences ne sont plus taiseux ni pénitents ni contrits comme c’était le cas auparavant.
    A l’exception de ceux, très minoritaires, qui sont encore dans des postures infantiles ou obséquieuses , les maître de conférences parlent aujourd’hui ouvertement ou bien entre eux, ce qui explique que depuis quelques années, les très bon maître de conférences qui ont une importante production, décident de boycotter ce concours à l’externe ou à l’interne.

    • Plusieurs des rédacteurs de ce blog se sont étouffés lorsqu’ils participaient à des comités de sélection MCF, et que l’un des arguments les plus écoutés pour procéder au classement était « il sera très certainement agrégé au prochain concours »…

  3. Uranus dit :

    Honnêtement, si l’agrégation disparaissait, ce que j’appelle de mes vœux les plus chers, on serait privés de gros fous rires. Il faut bien avouer que ce pseudo concours est une réelle source d’amusement.

    À la Prévert, citons ce qui est amusant voire hilarant :

    – celles et ceux qui mettent lourdement leur rang sur leur CV (cause de fou rire garanti) ;

    – celles et ceux qui se retrouvent à la surprise générale membres du jury d’agrégation alors qu’elles ou ils ont moins de publications que certains impétrants ;

    – celles et ceux qui nous tartinent du matin au soir, à l’oral ou à l’écrit, de leur titre de professeur agrégéééééééééééééé alors qu’ils ou elles n’ont pas encore compris que ces simples mots entraînent chez nous de gros fous rires en douce puisque l’on sait pertinemment comment cela se passe ;

    – celles et ceux qui tombent sur un hic c’est à dire un ou une maître de conférences rebelle qui n’entre pas le giron. C’est à mourir de rire ( j’ai assisté à des scènes extraordinaires). Les PR sont dans ce cas désarmés et en état de panique face à l’électron libre qu’ils n’arrivent pas à maîtriser ;

    – celles et ceux, comme l’inénarrable Olivier Beaud, qui n’évoquent même pas le concours interne ou alors disent avec dédain pour le nommer « l’autre concours » , on rit mais on rit jaune dans ce cas précis ;

    – les agrégés récemment propulsés ( sans raison ) qui sont plus arrogants que les anciens. On prend alors un malin plaisir à remettre à leur place ces petits mandarins.

    Malgré ces fous rires et ces amusements, il tarde à la grande majorité des maîtres de conférences d’assister au trépas de l’agrégation. (Je souscris à tout ce qui a été dit précédemment et merci pour ce blog qui ne dit que la vérité jusqu’à présent étouffée).

  4. X22- TZ4 dit :

    La VERITE.
    Voilà notre arme.
    Eux ils ont : la communication dans les revues qu’ils dirigent, l’endoctrinement des docteurs qu’ils dirigent, l’auto-proclamation dans les colloques qu’ils organisent, bref tous les procédés endogènes imaginables.
    Mais ils n’ont pas une chose. Et ils ont très peur de cette chose.
    Quoi ?
    La VERITE.

  5. Alttein dit :

    Non seulement il faut supprimer l’agrégation (ce concours n’a strictement aucun crédit) mais il faut aussi fusionner les deux corps et ne faire qu’un corps unique.

    La distinction entre les deux corps n’a aujourd’hui aucun sens compte tenu de tout ce qu’accomplissent les maîtres de conférences tant sur le plan scientifique que pédagogique.

    Les deux corps ne sont maintenus que pour permettre à des mandarins et consorts d’exister ….

  6. Cadoudal dit :

    Chères et/ou chers collègues,

    Gardons un peu notre sang-froid, tout de même… Là j’ai l’impression qu’on tombe dans le feuilleton conspirationniste. Qu’on critique l’agrég’, soit ! Il y a de très bonnes raisons de le faire. Mais autant le faire avec des arguments mesurés (énoncés avec force, bien sûr !) sinon nous ne serons jamais pris au sérieux. Ni par les défenseurs de l’agrég’ ni par le ministère. (ou bien c’est du « trollage » ?)

    J’en profite pour préciser d’ailleurs, quand je parlais de faire tomber quelques têtes d’aristocrates dans un de mes précédents post que : c’est pour rire !!! C’était histoire de dédramatiser un peu tout ça, quoi… :o)

  7. Zeldon dit :

    Il faut juste supprimer l’agrégation, s’aligner sur le régime de droit commun et tout ira mieux

  8. X22-TZ4 dit :

    Entièrement d’accord. La préoccupation première, c’est la suppression de l’agrégation du supérieur. Elle est bidonnée, et c’est une arnaque.
    Le reste, c’est un autre débat, éminemment éloigné de la situation d’aujourd’hui.
    La suppression de l’agrégation est urgente, nécessaire et faisable maintenant. Allons-y !

  9. cORRo dit :

    Si l’agrégation est discutable, il me semble que le CNU l’est également pour les qualifications aux fonctions de Maître de Conférences dans les sections juridiques.

    Sur un dossier où les rapporteurs sont en discordance, le plus souvent, pour ne pas dire toujours, l’avis du Professeur prime sur celui du Maître de conférences. Un docteur pourra être qualifié qu’en cas d’avis favorable du Professeur rapporteur de son dossier, même si le Maître de conférences était réservé. L’inverse est quasiment impossible, que ce soit pour une deuxième tentative ou un appel au groupe. En cas de réserve des rapporteurs Professeurs, le candidat peut dire adieu à une carrière universitaire et je ne parle pas de l’avis défavorable.

    Il arrive même parfois de lire dans des rapports que le propos du Maître de conférences était globalement favorable, mais qu’il se déjuge dans son appréciation finale. On peut presque interpréter ceci comme une soumission du Maître de Conférences par rapport à l’avis du Professeur.

    Les collèges A des sections 01/02/03 sont essentiellement composées de Professeurs ayant obtenu l’agrégation au concours externe. On pourrait faire un autre sujet sur l’orthodoxie des thèses qualifiées mais je vois deux conséquences dans ce système pour les sections juridiques

    D’une part, quand on sait que les non-qualifiés ne sont que très – trop – marginalement reçus au concours externe de l’agrégation, le CNU, par l’influence non-négligeable des professeurs, présélectionne les candidats à l’agrégation. Dans le sens inverse, le CNU qualifie souvent un candidat à sa deuxième tentatives qui aurait passé la barre de l’épreuve sur travaux.
    D’autre part, ce système encourage le jeune docteur qualifié à mépriser la fonction de Maître de conférences. En caricaturant un peu, on peut dire qu’ambitieux, il la voit uniquement comme un tremplin vers l’agrégation. En cas de succès, il envisage l’agrégation comme son dernier diplôme marquant son entrée dans la vie professionnelle. En cas d’échec, il s’agit souvent pour lui d’un véritable drame personnel.

    Supprimer l’agrégation pourrait faire bouger les lignes, mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait aussi revenir sur les autres modalités de recrutement qui sont conditionnées par l’influence des agrégés.
    Par exemple, la qualification au CNU n’a rien à voir avec un concours républicain. Peut-être faudrait-il y intégrer de l’anonymat, une évaluation des capacités d’enseignements en plus de celles de chercheurs et une procédure de contradictoire qui permettrait aussi aux candidats de se défendre et de démontrer leur motivation. Les défenseurs du système actuel me rétorqueront que ce serait un système lourd qui supposerait davantage de temps. Mais pourquoi ne pas créer une décharge d’activité pour que les enseignants-chercheurs puissent procéder correctement à l’évaluation d’un vivier de talents. Cela permettrait aussi de renouveler plus fréquemment les sections du CNU. Les jeunes docteurs méritent bien que l’on se consacre pleinement à leur recrutement.

    En conclusion, la suppression de l’agrégation ne doit pas être l’arbre qui cache la foret. Vouloir uniquement la supprimer, c’est créer un éternel débat clivant les Professeurs contre les Maîtres de conférences. Les premiers stigmatisant les seconds en les traitant d’aigris. Or, je pense qu’il faudrait tout remettre à plat concernant le recrutement des enseignants-chercheurs.

    • Cadoudal dit :

      Si je mets de côté l’emploi du concept de concours « républicain » que je récuse (la notion de « République » et l’adjectif « républicain » sont, me semble-t-il, un peu trop abondamment employés en France, notamment depuis le 7 janvier, et, à force de les faire ainsi surchauffer, je trouve que ces mantras commencent à être un peu élimés) en lui préférant celui de concours « égalitaire », j’adhère à 100 % aux propositions de cORRo. En effet, penser que tout sera réglé simplement parce qu’on supprimerait l’agrégation me semble assez naïf. Dès lors, cette suppression ne devrait être qu’une des briques (nécessaire) d’une refonte globale de la constitution des différentes composantes humaines de l’université.

  10. Montesquiou dit :

    Une étude « intéressante » à lire : http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/88/8/Section_01_429888.pdf
    On y apprend notamment qu’en 2014, en section 01, il y avait 603 professeurs et 1218 maîtres de conférences, qu’il y a plus de « vieux » professeurs (10 % de plus de 65 %) que de « vieux » maîtres de conférences (3% de plus de 65 ans), qu’il y a chez les professeurs 36,7 % de femmes contre 63,3 % d’hommes, qu’étrangement (!), les proportions s’inversent chez les maîtres de conférences avec 53, 5 % de femmes et 46,5 % d’hommes.
    On y trouve également le pourcentage de professeurs et de maîtres de conférences dans chaque université. Toutes les facultés comprennent plus de maîtres de conférences que de professeurs, les MCF étant néanmoins sous-représentés dans les conseils, compte tenu de la rédaction actuelle des textes. Trois exceptions toutefois : Paris I, Paris II, Paris 5 qui sont les trois seules facultés où il y a plus de professeurs que de maîtres de conférences.

    • cORRo dit :

      Pour préciser ma pensée à Cadoudal, dans mon esprit, le terme « républicain » renvoyait à la dernière phrase de l’article 6 de la DDHC ( « Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. »). Ce texte a une valeur constitutionnelle et est devenu une norme de référence du Conseil constitutionnel en 1971.
      J’en conviens qu’avec la récupération politique, beaucoup de mots comme « république » ou « les républicains » nécessitent aujourd’hui d’être précautionneux dans leur emploi. Sans doute, aurais-je dû utiliser le terme – également galvaudé dans les discours politiques – de méritocratie.

      En sus, je ré insiste comme Cadoudal sur la nécessité de ne pas voir en la suppression de l’agrégation comme unique solution aux maux de l’Université. Le discours critique à l’égard de l’agrégation ne doit pas masquer la réalité opaque des autres formes de recrutement à l’Université, notamment dans les sections juridiques.

      Supprimer l’agrégation, sans anéantir les effets qu’elle produit sur la communauté humaine à l’Université, ne ferait que déplacer le problème. Il me semble illusoire de penser qu’en supprimant l’agrégation, l’égalité entre enseignants-chercheurs se rétablira comme par magie. On voit bien dans le discours d’Olivier Beaud qu’à l’intérieur de la catégorie des Professeurs, il existe déjà une hiérarchie entre les agrégés du premier concours (souvent appelé le « Concours », le vrai, dans le milieu juridique, comme si les autres voies pour accéder à ce rang n’avaient aucune valeur), ceux du second concours qui a été supprimé l’an passé et ceux qui sont devenus Professeur par voie longue.

      Pour instaurer de la méritocratie dans le recrutement universitaire, je pense qu’il faut tout remettre à plat et pas seulement supprimer l’agrégation.

      Ce sera un travail long, ingrat avec des générations sacrifiées, voire inédit (je renvois au livre de Bernard Maris, les sept péchés capitaux des universitaires aux éditions Albin Michel, pour l’analyse historique des fondations du système), mais certainement nécessaire vu le malaise ambiant.

      • Les échanges s’animent, et nous nous en réjouissons, parmi l’équipe de suppressionagregation. Nous en profitons pour préciser à nouveau que si cet blog peut sembler « monomaniaque », nous ne croyons pas plus que vous que l’agrégation est le seul des maux de l’enseignement supérieur français. Nous sommes pour des rapports anonymes au CNU, éventuellement pas opposés à une interdiction de primo recrutement dans la fac de soutenance, à une remise à plat du statut des EC pour éviter certaines dérives, etc…
        Toutefois, ces projets supposent d’inventer quelque chose de nouveau, qui aurait vocation à s’appliquer aux dizaines de milliers d’enseignants chercheurs de toutes disciplines… Il faut donc les appuyer par une action syndicale, politique, etc. En revanche, supprimer l’agrégation, ce n’est que remettre quelques postes dans tous les deux ans dans la procédure qui est celle qu’appliquent toutes les autres sections. L’enjeu global n’est pas le même, cette réforme est beaucoup plus facilement réalisable à brève échéance. Mais vous nous voyez déjà, et vous nous verrez encore, nous battre sur d’autres fronts, avec d’autres moyens, pour une université meilleure.

        • Cadoudal dit :

          Cher (ou chère ? ou chères ? ou chers ? Enfin bref…) Suppressionagrégation,

          Je vois ce que vous voulez dire. Mais, au plan de la pertinence des positions et des discours, sans doute paraîtrions-nous d’autant plus crédibles dans une revendication de suppression de l’agrégation que nous montrerions aussi que nous avons conscience des limites des autres modes de recrutement et sommes prêts à nous associer à une éventuelle revendication sur ce point aussi. Si les thuriféraires de l’agrég’ disent : « l’agrég’ doit être conservée puisque vous voyez bien comment les collègues recrutent (si mal) à la voie normale dans les sections sans agrég’ ou bien comme on recrute (si mal) les MCF dans nos sections ! », pourquoi ne pas leur dire : « chiche ! ». Je veux dire que si une plate-forme de proposition devait émerger officiellement au sujet du mode de fabrication des professeurs, elle ne pourrait à mon avis pas faire l’économie d’avancer aussi des propositions sur le second front de la voie normale et/ou des MCF, sinon ses promoteurs risqueraient d’être réduits par la critique conservatrice à un groupe de petits revanchards névrosés qui viendraient seulement pour faire prévaloir leur logique de petits arrangements entre potes locaux sur la logique actuelle de grands arrangements entre potes nationaux…

          Et je dis cela, à titre personnel (même si je continue à me dissimuler derrière un pseudo…), sans calcul politique aucun : je suis, sans aucune arrière-pensée, favorable également à une réforme des recrutements locaux et des mécanismes d’habilitation qui les légitiment. Car si les juristes arrivaient à emmener un poil plus d’éthique dans les recrutements de profs des sections 7 à 77, ce ne serait pas mal non plus. Il y a quand même aussi, c’est vrai, des trucs parfois pas bien classe dans les recrutements « voie normale » de ces sections. Je ne dis pas que c’est pire que l’agrég’ mais que parfois c’est pas mieux.

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