L’agrégé de droit public: un MCF homme de Paris I

Les résultats du premier concours de droit public étant connus, nous nous sommes livrés à une analyse. Nous souhaitons préciser d’emblée qu’aucun de nos propos ne doit être interprété comme une remise en cause de l’impartialité du jury. Si des résultats apparaissent étranges, ils sont certainement dus aux biais de l’organisation universitaire en général, et à ceux du concours d’agrégation en particulier.

Le concours d’agrégation comme redresseur de torts

Les défenseurs du concours d’agrégation le voient parfois comme un redresseur de torts: ceux qui auraient été injustement laissés hors de l’université par l’affreux CNU et les détestables comités de sélection y trouveraient une voie salutaire pour faire reconnaître leurs mérites. Le cru 2014 en droit public ne donne ses lauriers qu’à des maîtres de conférences: il n’a pas redressé d’éventuels torts. L’agrégation ne recrute donc pas, cette année, d’enseignants-chercheurs: elle promeut certains maîtres de conférences dans le corps des professeurs, rien de plus.

Les candidats ayant un lien avec le jury

Une étude en sciences économiques s’était intéressée aux chances des candidats ayant un lien avec le jury (cela étant entendu comme: directeur de thèse dans le jury, thèse soutenue dans une université où exerce un membre du jury, position dans une université où exerce un membre du jury). Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de faire cet état des lieux pour les candidats; nous l’avions fait à partir d’un rapport pour une année antérieure. Pour ce qui est des lauréats 2014, les statistiques donnent ceci:

Lien avec le jury

L’ancienneté des thèses

L’agrégation propulse de jeunes chercheurs au rang de professeurs, et cela nous semble l’un de ses plus gros travers. Vraiment, l’on peut diriger une thèse ou une équipe de recherche deux ans après avoir soutenu la sienne? L’admissibilité avait fait la part belle aux thèses jeunes… celles-ci franchissent moins souvent le cap de l’admission.

Effectifs par date de soutenance

L’admission, par université de soutenance

Voici la répartition des admis par université de soutenance – où l’on constate que, évidemment, Paris I et Paris II concentrent presque autant d’excellence que toutes les autres universités réunies.

Répartition selon soutenance

Paris I fournit un gros contingent. Nous aimerions pouvoir comparer avec les effectifs de candidats, mais nous n’avons pas cette information. Remarquons toutefois que l’espérance, pour un admissible de Paris I d’être admis, n’est pas comparable avec l’espérance d’un admissible provincial d’être admis (nous entendons pas espérance la proportion d’admissibles étant admis).

Espérance Paris I

Espérance province

L’admission, par sexe

La place des femmes dans l’enseignement supérieur est préoccupante. Nous avons souligné que l’agrégation aggravait celle-ci, à plusieurs reprises.

Le fait est que les admis de sexe masculin sont bien plus nombreux que les admis de sexe féminin.

Admis par sexe

Les épreuves d’admission ont aggravé cette situation, puisque l’espérance d’un admissible d’être admis est bien meilleure pour un homme que pour une femme.

Espérance homme

Espérance femme

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Publié dans Décryptages
11 comments on “L’agrégé de droit public: un MCF homme de Paris I
  1. Aldous H dit :

    Si on met en rapport le nombre d’admis issus d’une Faculté de province et le nombre d’admis sans lien avec le jury, on arrive à une conclusion effrayante. Il est pratiquement impossible d’être agrégé en venant de province sans avoir un lien avec un membre du jury. Deux, trois ou quatre candidats tout au plus peuvent y parvenir, et occuper par conséquent 10 et 15% des postes.
    L’agrégation de droit est donc biaisée à 85%.
    Vous avez dit « simulacre » ?

  2. sophie dit :

    Evidemment, ces résultats n’ont absolument rien à voir avec les compétences des agrégés…

    • Aldous H dit :

      Quand Miss Météo annonce la pluie, elle n’est pas responsable du mauvais temps. La pluie est un fait.
      Qu’on le veuille ou non les statistiques sont là. Elles démontrent une vérité objective. Ce prétendu concours ne récompense pas la compétence, sauf à la marge. Il récompense les candidats ayant un lien avec le jury. Les autres sont éliminés, quelle que soit leur compétence.

  3. Anonyme dit :

    Vous êtes donc en mesure de nous livrer, à peu de choses près, et dès que la liste des candidats sera connue, les résultats du futur concours d’agrégation de droit privé … agrégation biaisée à 85 % … les statistiques sont-elles connues pour les comités de sélection ; y a-t-il seulement des recherches qui sont effectuées ?

    • N’exagérons rien… nous ne prétendons pas cela… Nous faisons des statistiques, non des prédictions.

      • sophie dit :

        non, vous faites de la m*rde. Si j’étais un nouvel agrégé, je prendrais vos propos pour des insultes.

        • Pour l’instant, c’est vous qui insultez. C’est « anonyme » qui écrit que « l’agrégation est biaisée à 85% », pas nous. Nous ne faisons que remarquer qu’il existe une forte proportion d’agrégés qui entretiennent un lien avec le jury: mais cette proportion est forte également chez les candidats, puisque le jury émane de grandes universités! Le biais, s’il existe, n’est pas de 85%.
          Nous reprenons d’ailleurs, sur ce point, les méthodes utilisées dans une publication dans une revue donnant tous des gages de sérieux… Vous insultez donc beaucoup de monde.

  4. sophie dit :

    Non, miss meteo, je ne vous insulte pas vous mais votre analyse pseudo rationnelle. Si vous aviez fait le compte du nombre de candidats parisiens au début du concours, et de ceux ayant un quelconque lien avec ce jury, vous seriez arrivé au même résultat. Ah, vous ne l’avait pas fait ? C’est vrai que c’est tellement plus commode de faire dire ce que l’on veut aux chiffres. N’en faites pas plus, votre éventuel futur échec est déja justifié, vous pouvez dormir en paix.

    En revanche, considérer que les nouveaux agrégés sont des pistonnés, c’est insulter frontalement 30 personnes qui sont certainement plus compétentes que vous. Et ça, c’est vraiment pas digne d’un professeur.

  5. sophie dit :

    au passage, merci pour l’argument d’autorité, le débat vole haut.
    « Nous reprenons d’ailleurs, sur ce point, les méthodes utilisées dans une publication dans une revue donnant tous des gages de sérieux »

  6. Aldous H dit :

    Inutile d’insulter des nombres. Il ne vous entendent pas.

  7. marcelmarcel@hotmail.fr dit :

    Amusant. J’ai passé et réussi plusieurs concours (successivement je vous rassure) dont certains ont été réformés peu après. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de me sentir insulté par cette réforme qui était, parfois, nécessaire.

    Sans doute peut-on admettre que les préoccupations que l’épreuve d’agrégation suscitent chez les impétrants leur fassent perdre la raison et la bienséance… Élevons donc le débat et admettons cette réforme, les critiques ne pourront alors que se taire.

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