De la légitimité comparée du CNU et du jury d’agrégation

Le CNU comme le jury d’agrégation sont aptes à qualifier un candidat au professorat. D’où tirent-ils ce pouvoir, cette prétendue légitimité ?

Celle du jury d’agrégation provient d’une nomination du pouvoir exécutif, en la personne du ministre. Le pouvoir de ce jury est particulièrement étendu, car il fait d’un « simple docteur » un professeur.

Celle du CNU vient d’une élection, autrement dit, d’un choix par les pairs. Or, l’assentiment des pairs est l’essence de la légitimité académique (qu’il s’exprime par le vote des membres d’un jury de thèse, par les citations des travaux…). En outre, le pouvoir de ce jury est plus restreint : il ne peut faire professeur qu’un enseignant-chercheur habilité à diriger des recherches, et encore cela ne sera effectif qu’à la condition qu’une université le reçoive.

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Publié dans Arguments
4 comments on “De la légitimité comparée du CNU et du jury d’agrégation
  1. ASC dit :

    OK mais n’oubliez pas qu’au CNU il y a aussi des membres nommés (qui votent, comme les autres, à l’élection du président de chaque section)

    • Merci pour la précision, vous avez raison. Je me suis d’ailleurs laissé raconter l’importance qu’aurait eu ces membres nommés lors de l’élection du président actuel de la section droit privé… Reste qu’ils ne correspondent pas à la totalité du CNU.

  2. Toto dit :

    Quand à l’élection elle n’a jamais été gage de compétence… mais de stratégie électorale et de choix syndicaux… et les exemples sont nombreux !

    Le problème du CNU ou du jury d’agrégation c’est qu’il n’a jamais a assumer ses choix: ce sont les établissements qui le feront….

  3. soulas dit :

    Le CNU gagnerait, en outre, à être plus transparent et à écarter systématiquement toute demande de promotion de ses membres. Tel n’est pas le cas actuellement dans la procédure de recrutement 46, 3° et 49, 3°. Pour ce recrutement, le ministère considère que les décisions du CNU n’ont pas à être motivées. La seule exception concerne l’hypothèse où la section doit établir un rapport motivé lorsqu’elle attribue un avis défavorable à un candidat mieux classé qu’un candidat recevant un avis favorable. Pour ce qui est des rapports des rapporteurs, ils n’ont pas à être écrits puisque l’article 46, 3° prévoit uniquement que les rapporteurs sont entendus. Il n’y a donc pas de rapport transmissible aux candidats. Cette procédure est dérogatoire par rapport aux articles 24 et 45 du décret de 84 où les rapports sont obligatoirement écrits. Il est vrai que de toute façon, les délais laissés aux membres du CNU sont insuffisants pour apprécier la qualité d’un candidat (pour la procédure 46, 3° et 49, 3°, envoi des dossiers fin juin et décision début juillet, un délai de quelques jours pour apprécier des dossiers portant sur plus de 10 ans de carrière) et que l’indemnité versée n’encourage guère les membres du CNU à y consacrer leur temps. Qu’est-ce qui motive un enseignant-chercheur à participer au CNU ? La qualité du travail à réaliser ? Impossible, le temps n’est pas suffisant (encore moins pour ceux qui exercent une activité libérale). Le montant des indemnités ? Il est ridicule. Qu’est-ce qui motive les candidatures au CNU ? Mystère…

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