Les qualifiés 2014

La liste des qualifiés 2014 aux fonctions de maître de conférences a été publiée sur Galaxie.

Sur le blog français de droit constitutionnel, l’on trouve une liste des qualifiés, en droit public, avec les directeurs de thèse et les universités d’origine. Cela nous permet de constater que sur les 53 qualifiés, 9 ont soutenu à Paris 1, 5 à Paris 2, 5 dans les autres universités parisiennes, et 34 dans les universités de province (pour l’harmonisation entre tableaux, nous assimilerons abusivement l’Institut des hautes études internationales de Genève à une université de province). Ce qui donne, sous forme de camembert:

Répartition qualifiés 2014 droit public

 

Par comparaison, nous avons établi dans un article précédent que les agrégés du dernier concours, en droit public, se répartissaient ainsi selon leur université de soutenance:

agrégés

Les écarts sont encore plus importants que ceux, déjà conséquents, relevés en droit privé.

Dès lors, l’alternative est simple: soit le CNU fait n’importe quoi, en qualifiant en surnombre des bœufs de provinciaux qui n’entendent rien au droit, et il faut le supprimer. Soit l’agrégation renforce de manière très exagérée les chances des parisiens, et il faut la supprimer.

Humble adresse au jury d’agrégation de droit public de cette année: soyez certains que nous continuerons nos camemberts, sitôt les résultats de l’agrégation de droit public connus.

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Publié dans Arguments
14 comments on “Les qualifiés 2014
  1. Rastignac dit :

    Ce blog m’interpelle. Ne faut-il pas voir l’agrégation comme une simple seconde voie d’accès à la carrière universitaire? alors même que le recrutement des maîtres de conférences est, sinon plus, au moins aussi opaque, coûteux et injuste que l’agrégation?
    L’agrégation mourra bientôt parce que son organisation coûte cher. Et lorsque le CNU sera aussi supprimé au nom de l’autonomie, l’endogamie universitaire sera maximal et on ouvrira d’autres blogs pour dénoncer l’absence de salut hors du localisme.

  2. Anonyme dit :

    Sur la surreprésentation des parisiens dans le concours d’agrégation (car les chiffres ne parlent jamais d’eux-mêmes, un chiffre ne parle pas d’ailleurs, en revanche, on le fait beaucoup parler), n’est-ce pas lié à un état d’esprit et à une question de préparation. Etat d’esprit par l’idée selon laquelle la voie de droit commun ce n’est pas la maîtrise de conférence, mais le professorat, de sorte que celui qui envisage l’Université pense d’abord agrégation. Préparation ensuite, parce que, autant je n’ai rien de plus qu’une intuition sur le premier point, autant j’ai pu constater celui-ci : quand on entame une thèse aux alentours du Panthéon, on a assité à toutes les conférences d’agrégation qui se sont déroulés pendant la préparation du doctorat et on a contribué à plusieurs leçon en 24 heures si bien qu’il y a déjà un temps d’avance considérable sur n’importe qui d’autre. Ce qui est difficile à compenser, car lorsque l’équivalant est mis en place en Province, il y a rapidement beaucoup de monde à la première séance, puis plus personne ou presque dès la deuxième. Quant au coût que représentent les auditions après la qualification (où parfois les chances de succès sont proches de zéro, mais il n’y a d’assurance transport et hébergement pour ce genre de résultat, ni de participants à la 24 h qui n’acceptent le remboursement qu’à la condition de réussir), Rastignac a raison : on doit facilement atteindre ce que représente le coût d’une voire deux participations au concours (tout dépend du nombre d’épreuves et du nombres d’auditions, évidemment !)

    • D’où, sur la première partie de votre propos, ma question: est-il normal de recruter des professeurs en raison de leur bachotage intensif des méthodes et procédés de l’agrégation? Est-ce ainsi que l’on veut de bons enseignants-chercheurs?
      Sur les coûts comparés de l’agrégation et du tour de France, ils sont dans les deux cas un problème. Mais au moins, dans les tours de France, tous les candidats sont exposés aux mêmes frais, ce qui n’est évidemment pas le cas dans une agrégation centralisée.

      • Anonyme dit :

        Je ne sais pas si cela est normal. Quant aux méthodes et procédés de l’agrégation, c’est là que nous nous séparons sans doute. Je n’ai pas trouvé que c’était une école de pensée unique et aseptisée, mais plutôt une incitation à cultiver indépendance et esprit critique, à ne rien révérer a priori, et à toujours mener plus loin la discussion et les interrogations (et ce n’est pas l’unique lieu de son apprentissage, c’est pour moi le rôle même de la Faculté, et vous en êtes un très bon représentant). Sur le second point, là aussi, il faudrait des camenberts, mais les parisiens sont tout aussi avantagés : 1) par le nombre de Facultés parisiennes et proches de Paris au point d’être quasiment la banlieue (ce qui permet sans difficultés des allers-retours dans la journée, même pour être auditionné à Marseille !) ; 2) l’écrasante majorité des promo SNCF concernent les TGV, et une fois encore au départ de Paris !! Non décidément, quelle que soit la configuration être à Paris présente au moins cet avantage indépassable (difficilement dépassable)

      • Rastignac dit :

        « tous les candidats sont exposés aux mêmes frais »….sauf les locaux! En tant qu’agrégé provincial, victime du localisme sur le tour de France, je ne peux que défendre ce concours, ou au moins ne pas occulter le fait qu’il n’est pas plus absurde que le recrutement des MC.

        Si vous trouvez que l’agrégation est une farce, que dire alors d’une carrière universitaire qui se joue sur une audition de 20 minutes (dans le cas où tout n’est pas réglé à l’avance)!

        En somme, ce blog défend le droit des MCF à avoir de meilleures perspectives de carrière. Ce qui est louable. Il défend la voie dite « longue », ce qui est aussi respectable. Mais vous oubliez un peu le droit de ceux qui mériteraient, déjà, d’entamer une carrière! Les exemples sont nombreux de gens qui n’ont pas la chance d’être au bon endroit, au bon moment et qui, par l’agrégation, font de belles carrières.

  3. Aldous H dit :

    Ce ne sont pas les Parisiens qui sont supérieurs. Ce sont certains des docteurs de Paris I et de Paris II, et inscrits au concours dont le jury est composé de représentants de leurs Facultés. Eux, et eux seuls, sont vraiment supérieurs. Il m’est arrivé maintes fois de lire leurs thèses et d’être transporté jusqu’au-delà de l’arc en ciel. Somewhere, over the Rainbow, blue birds fly ! J’entendais presque la voix de Frank Sinatra ! Des choses si différentes, telles que les sons et les couleurs, le passé et l’avenir, les sentiments et les voix, tout m’apparaissait enfin tel qu’il se doit : lié, corrélé et harmonieux. La création est vraiment divine. Je vous le dis.
    Quant à la préparation de Paris I et II, ce n’est pas vrai. Le secret, c’est les champignons endémiques et microscopiques qui y poussent. Certains docteurs, reniflant les revues des salles de travail y sont particulièrement exposés et réceptifs. Ces champignons contiennent du dextrométhamphydropratisol, une molécule qui stimule le noyau accumbens, l’hippocampe et le cervelet, et qui provoque une hyperactivité des neurones fuseaux qui articulent les deux hémisphères cérébraux, décuplant ainsi leurs capacités respectives. Certes l’inconvénient, car il y en a un, est qu’ils font par la même occasion descendre jusqu’au local à poubelles le taux d’ocytocine, provoquant ipso facto un comportement particulièrement agressif à l’égard des personnes non exposées, restées à l’état profane, les neurones miroirs permettant de les identifier infailliblement au premier coup d’œil. Voilà pourquoi beaucoup de provinciaux ressortent de la salle d’examen en se disant ; « Mais ils sont fous ! Ils m’ont posé des questions qui n’avaient aucun rapport, ne m’ont pas écouté, ils se foutaient complètement de ce que je racontais, et j’avais l’impression de comparaître devant un Conseil de guerre pour je ne sais quelle épouvantable faute que j’eusse commise : avais-je déclenché la grande peste de 1356 ? Assassiné JFK ? Fait exploser le réacteur de Tchernobyl ? Etais-je cannibale ? Ai-je prodigué des conseils stratégiques à Vladimir Poutine pour envahir la Crimée ? Suis-je un agent Nord-Coréen ? Suis-je le responsable de la mort des abeilles ? Suis-je moi-même le boucher de Sarajevo ? « . Soyons clairs : ils ne peuvent tout simplement pas comprendre. Les chiffres ne servent à rien. Rien de scientifique. En fait, ce que les autres Facultés doivent faire, c’est cultiver leurs propres champignons, et synthétiser leur propre molécule. Et là, attention, vous allez voir ce que vous allez voir. Vous allez voir ce que vous allez voir !

  4. soulas dit :

    Qu’il s’agisse de l’agrégation ou du recrutement des MCF, bien des choses sont à perfectionner. Par exemple, à partir de la liste des postes publiés, il est possible dès aujourd’hui de connaître le nom de la personne recrutée. Dans le sud notamment, des postes sont publiés avec comme profil un titre de thèse. Où est le concours dans ce cas ?

    • Justin dit :

      Pour mettre tout le monde d’accord (ou presque), une réforme simple a été maintes fois proposée : interdire le premier recrutement du MCF dans sa propre université. Ce qui ferait bouger pas mal de lignes !
      L’agrégation, malgré les critiques traditionnelles et fondées, reste une porte ouverte aux jeunes docteurs et non-recrutés. Un concours remet toujours un peu les compteurs à zéro… Reste à l’améliorer (notamment sur la leçon en 24h) plutôt que la supprimer, gage supplémentaire au localisme et à la voie longue (tous deux assez proches).
      Quant à la suppression du CNU : inutile, tout comme l’idée de ne plus donner de mention après une soutenance de thèse. La vertu des personnes est en cause, autant que le « système ».

      • Aldous H dit :

        Je suis d’accord avec vous sur le recrutement des MCF : interdire le recrutement local est une solution saine qui détruira le mandarinat. Cette mesure n’a rien de révolutionnaire : c’est ce qui se fait en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis.
        Pour l’agrégation, je crains que vous ne vous trompiez : l’agrégation est le coeur du système népotiste. Elle est bien pire en vérité que la procédure des Comités de sélection, ne serait-ce que parce qu’un seul jury décide pour tous les postes, une fois tous les deux ans. Et les statistiques montre clairement qu’elle est biaisée.
        Il faut prendre 2 mesures très simples, qui ne coûtent rien du tout et permettent même de faire des économies :
        – interdire le primo-recrutement local
        – supprimer l’agrégation.
        La seconde mesure est la plus importante, car, encore une fois, elle est le coeur du système mandarinal.

        • Justin dit :

          Cher collègue,
          Supprimer l’agrégation est contreproductif, car vous supprimez sans doute le professorat, à moins de généraliser une voie longue (en gros, MCF avec Hdr, âgé de 40 ans, proposition déjà faite, en partie dévalorisante, y compris pour les MCF !). Bref, le localisme n’en ressort pas affaibli.
          Je connais cet avis pour l’avoir moi-même pensé, mais en réalité il faut nuancer : le jury conjugue la cooptation (réelle, pas toujours injuste en sachant qu’il engage sa crédibilité) à une forme d’excellence (même sur 1 ou 2 postes…). A mon humble avis de réformateur modéré (agrégé ou pas), dans ma section du moins, je crois qu’une certaine tradition a fait ses preuves, en dépit des anecdotes (admis par un jury où siège un directeur de thèse, candidats reçus à la 10e fois en raison de travaux hors profil).
          La perfection n’est décidément pas du monde des recrutements !
          Merci à vous et bonne continuation.

          • Goldorak dit :

            Il est certainement possible de supprimer l’agrégation sans supprimer le professorat! Cf ce qui se passe dans toutes les sections, sauf celles de 1 à 6!

          • Aldous H dit :

            Cher collègue, pour commencer, je crois qu’il faut arrêter d’adopter la terminologie biaisée que les agrégocrates nous ont inculquée.
            Il n’existe pas de VOIE LONGUE.
            Il existe une VOIE NORMALE, et une voie dérogatoire : l’agrégation. Ce sont les agrégés qui sont une dérogation, pas les autres. Les « spéciaux », ceux qui contournent le système ordinaire, ce sont eux, pas ceux qui ont passé la HDR et qui sont ensuite qualifiés par le CNU.
            Je ne pense pas que la suppression de l’agrégation aura pour conséquence de dévaloriser le professorat : au contraire, elle va le revaloriser, car, enfin, il correspondra à de l’ancienneté et à du mérite, les deux conditions sine qua non d’une promotion dans toute organisation fondée sur des principes sains.
            Il n’est pas normal de « doubler » sans ancienneté ni mérite les MCF plus expérimentés par le biais d’un concours largement, comment dire, « opaque », pour ensuite les maintenir de force en bas. Ce système est absurde, pour ne pas dire plus.
            Quant au mérite à l’agrégation, il me semble être proche du zéro. Pour deux raisons : soit le candidat a un lien avec le jury, et c’est pour ça qu’il est agrégé, et dans ce cas il n’a aucun mérite, soit il n’en a pas et concourt dans la catégorie « alibi », qui ne comprend à mon avis que 2 ou 3 postes ouverts à des candidats dont les Facultés ne sont pas représentées, et dans ce cas encore je ne vois où est le mérite, puisque la sélection va se faire sur la base des épreuves. Or les épreuves de l’agrégation sont complètement stupides. Elles sont folkloriques et totalement idiotes. Elles ne permettent pas d’apprécier la qualité de la recherche, et encouragent un conformisme scolaire, digne du lycée. Certes, elles sont fatiguantes. Mais sur le plan intellectuel, les épreuves rasent le sol. J’ose à peine imaginer ce qui se serait passé si Ronald Dworkin, Norberto Bobbio ou John Rawls étaient venus en France passer l’agrégation… Ils se seraient faits foutre dehors à coups de pompes dans le réacteur… Dans tous les cas, à part l’intérêt de celui qui va profiter de ce système de passe-droit généralisé, je ne vois aucune justification.
            La voie normale me paraît bien plus saine, plus logique et largement moins gangrénée par le népotisme.

            • Justin dit :

              En conclusion, je vous rejoins en partie sur le fond (notamment sur l’expérience d’autres pays que je connais), tout en maintenant ma position sur 2 mesures :
              – interdire le premier recrutement local des MCF,
              – réformer l’agrégation « pour l’instant » (en valorisant l’épreuve sur travaux, comme dans l’agrégation interne, à développer).
              Une suppression du concours ne me choque pas, sauf si le recrutement actuel des MCF subsiste : dans ce cas, beaucoup de docteurs peuvent déjà renoncer à l’université…
              Quant à la voie « longue » ou « normale », elle peut et doit être valorisée, mais une réflexion s’impose sur ses critères (comme la légitimité thématique par exemple, qui permettrait d’oublier un peu celle des personnes ou des localités).
              Somme toute, nous sommes conciliables !

  5. Aldous H dit :

    Mais absolument. En fait, si je critique l’agrégation, c’est parce qu’elle est le coeur du système mandarinal, auquel je m’oppose en tous points, pour des raisons éthiques, économiques et scientifiques.
    Certains PR ne se gênent pas pour dénoncer les défauts de certains Comités de sélection. Par contre, quand il s’agit de s’appliquer à eux-mêmes les mêmes principes d’impartialité, et notamment de discuter de l’agrégation, et des scandales qui s’y produisent chaque année, alors là, tout à coup, certains prennent des airs de vierge effarouchée… Mais voyons, c’est complètement différent, je ne vous permets pas ! Cette tirade à la Tartuffe, je l’ai entendue des centaines de fois.
    Mais je suis tout à fait d’accord, l’impartialité doit être partout. C’est pourquoi je pense qu’il faut supprimer l’agrégation et en même temps interdire le primo-recrutement local.
    Avec ces deux mesures, nous aurons assaini considérablement le système.
    Maintenant, s’il n’y en a qu’une seule à prendre dans l’immédiate, c’est la suppression de l’agrégation.

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